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Crises humanitaires : Quelles en sont les causes ?

Crises humanitaires : Quelles en sont les causes ?

Le monde compte aujourd’hui plus d’une vingtaine de crises humanitaires et les besoins qui en découlent ne cessent d’augmenter année après année. Entre la persistance ou l’émergence de certains conflits armés, la multiplication d’évènements climatiques extrêmes et les conséquences de la pandémie de Covid-19, les chiffres sont alarmants puisque l’Organisation des Nations Unies considère que 235 millions de personnes nécessitent une aide humanitaire urgente, soit 1 individu sur 33 dans le monde.

Ce constat est d’autant plus inquiétant que l’évolution des contextes humanitaires laisse entrevoir une très nette aggravation des besoins dans les prochaines années tandis que les moyens mis à disposition pour répondre aux crises actuelles restent toujours insuffisants. Pour 2021, l’ONU estime en effet que 35 milliards de dollars seraient nécessaires pour répondre à l’ensemble des crises humanitaires mais les contraintes économiques mondiales nous font déjà comprendre qu’il ne sera jamais possible de répondre à l’intégralité des besoins. 

Pour ce nouvel épisode long format, je serai accompagné par Alain Boinet, le fondateur de l’organisation SOLIDARITÉS INTERNATIONAL et du site Défis Humanitaires, dont l’objectif est de réfléchir aux grands enjeux internationaux auxquels le monde est confronté. Son expertise en géopolitique et en analyses humanitaires sera donc mise à profit afin que nous puissions voir ensemble quels sont les grands facteurs qui contribuent à la persistance des besoins humanitaires actuels ainsi que ceux qui sont susceptibles de participer à l’émergence de nouvelles crises.

LES CONFLITS ARMÉS.

Commençons par nous intéresser à l’un des premiers facteurs de crises humanitaires majeures dans le monde : les conflits armés. À ce jour, on compte plusieurs dizaines de conflits armés répartis sur quasiment l’ensemble des continents du globe et on observe d’ailleurs une substantielle augmentation de ces phénomènes depuis les années 2010.

Depuis quelques années, on assiste à une augmentation du nombre de conflits, de violences préoccupantes. Les guerres qui sont aujourd’hui essentiellement des guerres internes – des guerres civiles – pour des raisons ethniques et des raisons religieuses qui parfois se recoupent d’ailleurs, semblent se régionaliser. Aujourd’hui dans l’humanitaire on parle de guerres complexes dans le sens où d’une part il y a une multiplication des groupes armés qui rendent bien sur tout dialogue et toute solution plus compliquée. On le voit bien en Syrie où il n’y avait au début que quelques groupes principaux tandis qu’aujourd’hui il y a une myriade de groupes disséminés.

Alain BOINET, Fondateur de l’organisation Solidarités International et de Défis Humanitaires

L’impact des conflits armés est d’autant plus terrible que ces derniers sont non seulement à l’origine de 80 % des besoins d’aide humanitaire, mais ils sont également la principale cause des mouvements de déplacés et de réfugiés. Selon les chiffres de l’année 2020, plus de la moitié du nombre total de réfugiés viennent de quatre pays qui connaissent un ou plusieurs conflits armés sur leur territoire, à savoir le Soudan du Sud, la Syrie, l’Afghanistan et le Myanmar. Il est également important de rappeler que 90% des victimes recensées lors d’un conflit armé sont des personnes civiles et cela est principalement dû au fait que les affrontements armés ont surtout lieu dans des zones urbaines ou périurbaines et prennent régulièrement pour cible des écoles et des hôpitaux. Et ce sont dans des pays tels que la République Centrafricaine, l’Afghanistan, le Soudan du Sud, le Myanmar, la Syrie ou encore le Yémen que les conflits armés font aujourd’hui le plus de victimes.

En plus du coût humain qu’ils ont sur les populations civiles, les conflits armés ont également pour effet d’impacter l’assistance humanitaire au travers de l’insécurité qu’ils génèrent. En effet, l’accès aux zones où les besoins sont les plus importants est rendu de plus en plus difficile au travers des restrictions imposées aux organisations humanitaires comme c’est le cas au Myanmar par exemple, mais également en raison des risques grandissants à l’encontre des travailleurs humanitaires. Les violences dirigées vers le personnel humanitaire ont effectivement augmenté ces dernières années, puisque l’on est passé de 42 incidents de sécurité recensés au début des années 2000 à 276 en 2019. Et rien que pour l’année 2020, 103 travailleurs humanitaires ont perdu la vie dans l’exercice de leur fonction.

De manière générale, trois pays en 2019 totalisent 52% des victimes, à savoir le Soudan du Sud, la Syrie et l’Afghanistan. En élargissant, on voit que neuf pays représentent 83% des victimes. En fait, ces incidents se concentrent sur un nombre réduit de pays. Ce sont des pays où les conflits sont les plus intenses et où l’implication avec les humanitaires est plus dangereuse.

Alain BOINET, Fondateur de l’organisation Solidarités International et de Défis Humanitaires

L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE.

Mais les conflits armés sont également la source d’un autre type de crise humanitaire : l’insécurité alimentaire. En effet, les conflits armés sont la principale cause de faim aiguë dans plus de vingt pays, puisque les violences qu’ils induisent contribuent à la destruction des structures et des moyens d’existence comme les récoltes, les terres agricoles ou encore les marchés et les réseaux d’échanges commerciaux par lesquels transitent les denrées alimentaires.

Plus globalement, ce sont 690 millions de personnes qui souffrent quotidiennement de la faim, soit presque un individu sur dix dans le monde. Et contrairement à ce que beaucoup seraient tentés de penser, c’est en Asie que se trouve le plus grand nombre de personnes sous-alimentées, avec 381 millions d’individus, soit plus de la moitié des personnes sous-alimentées sur l’ensemble de la planète.

En Afrique, 250 millions de personnes souffrent de faim chronique, et on en compte 48 millions en Amérique Latine et dans les Caraïbes. En revanche, en regardant ces chiffres de plus près, on se rend compte que la prévalence de l’insécurité alimentaire, c’est-à-dire la proportion de personnes souffrant de la faim est la plus importante en Afrique. Ainsi, 19,1% de l’ensemble de la population africaine est concernée par l’insécurité alimentaire, soit une personne sur cinq, tandis que la prévalence est de seulement 8,3% en Asie.

Au-delà du constat alarmant de ces chiffres, l’inquiétude est d’autant plus grande que l’on observe depuis 2014 une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim. En l’espace de seulement cinq ans, le monde a vu s’ajouter 60 millions de personnes de plus touchées par l’insécurité alimentaire. Les projections futures sont toutes aussi sombres, car malgré la diminution constante de l’insécurité alimentaire en Asie (6,6%, avec 330 millions), l’ONU estime qu’à l’horizon de l’année 2030 le nombre de personnes souffrant de la faim aura continué de progresser en Afrique (25,7%, avec 433 millions) ainsi qu’en Amérique Latine et dans la zone Caraïbes (9,5%, avec 67 millions). Cette augmentation de l’insécurité alimentaire à l’échelle mondiale s’explique notamment par la progression des conflits armés, eux-mêmes attisés par l’extrême pauvreté et l’augmentation de la démographie. 

C’est le cas du Sahel. Le Sahel se trouve dans une situation dramatique, avec une quintuple peine : l’impact du dérèglement climatique avec plus de 4°, l’impact d’une guerre multiforme, des problèmes de gouvernance considérables, de pauvreté et de développement, et en plus la population du Sahel va plus que doubler dans les 30 ans qui viennentDonc il est clair que l’augmentation de la population confrontée à des problèmes qu’on ne règle pas va créer des tensions, et les tensions créent des conflits ou créent de l’exode.

Alain BOINET, Fondateur de l’organisation Solidarités International et de Défis Humanitaires

L’extrême pauvreté est un facteur de crise humanitaire d’autant plus urgent à prendre en compte que pour la première fois depuis 1998 on observe une très forte augmentation de celle-ci en raison de l’impact socio-économique de la pandémie de Covid-19 en Asie du Sud-Est et en Afrique Sub-saharienne. Et comme si cela ne suffisait pas, les cours mondiaux des produits alimentaires n’ont eu de cesse d’augmenter en 2020 jusqu’à atteindre au début de l’année 2021 leur plus haut niveau en six ans !

Le cours du blé a augmenté de 45% depuis avril 2020, le prix du maïs de 77%, le prix du sucre de 89%La FAO annonce que 45 pays vont avoir besoin d’une aide alimentaire extérieure – l’Afghanistan, la Somalie, le Soudan, le Tchad, le Mali, la RDC… Allons-nous connaitre comme en 2008 des émeutes de la faim ? Quelles vont être les conséquences, notamment en termes de malnutrition pour les nourrissons et les enfants les plus jeunes, avec toutes les séquelles sur leur développement ?

Alain BOINET, Fondateur de l’organisation Solidarités International et de Défis Humanitaires

LE DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE.

Il existe également un autre facteur majeur qui contribue à la progression de l’insécurité alimentaire dans le monde, c’est le dérèglement climatique. Rien qu’en 2019, 34 millions de personnes se sont retrouvées en situation de crise alimentaire suite à la survenance d’un ou de plusieurs phénomènes climatiques extrêmes, comme les sécheresses ou les inondations par exemple, soit 17% de plus qu’en 2018 !

C’est le dérèglement climatique qui contribue à la multiplication et à l’intensification des catastrophes naturelles, et les suivis météorologiques démontrent clairement que les évènements climatiques extrêmes ont plus que doublé en l’espace de 30 ans de même que leurs effets. Le dérèglement climatique contribue également au déplacement des populations, comme c’est le cas dans la région subsaharienne, où 90% du Lac Tchad est aujourd’hui asséché en raison de la montée des températures associée à des retenues d’eau sur les fleuves affluents, poussant consécutivement les populations locales à se déplacer ailleurs pour trouver une source d’eau. Même chose en Amérique Centrale, où les conditions climatiques irrégulières favorisent la progression du « couloir de la sècheresse » entre le Salvador, le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua, poussant des milliers de familles à migrer vers d’autres régions.

En 2019, les catastrophes naturelles ont poussé 24,9 millions de personnes à se déplacer, et ce chiffre est le plus haut jamais enregistré depuis 2012. Et tandis que le dérèglement climatique contribue à la hausse de l’insécurité alimentaire, comme au travers des invasions de criquets de plus en plus dévastatrices, à l’image de celles observées en 2020 depuis la Corne de l’Afrique jusque dans le sud de l’Asie en passant par le Moyen-Orient, les effets du dérèglement climatique ont également pour effet d’accroitre les rivalités liées au partage des ressources alimentaires et aquifères, et par conséquent, de contribuer à la survenance de conflits et de violences armées.

Et on voit les tensions que ça génère par exemple entre les éleveurs et les agriculteurs. On le voit au Mali. Quand vous n’avez pas un accès à l’eau suffisant à la fois pour la population et pour le bétail, et lorsque ces populations sont membres de communautés ethniques différentes, ça crée des tensions qui alimentent des conflits.

Alain BOINET, Fondateur de l’organisation Solidarités International et de Défis Humanitaires

Loin de céder à la fatalité, les organisations humanitaires prennent d’ores et déjà sérieusement en compte la problématique du dérèglement climatique dans leurs stratégies de réponses auprès des populations les plus vulnérables.

Face au dérèglement climatique, la question de la diminution ou de l’augmentation des gaz à effet de serre, les humanitaires ne peuvent rien faire là-dessus cela ne peut être fait qu’à un niveau international. En revanchela prise en compte du dérèglement climatique par les acteurs humanitaires était l’un des quatre thèmes abordés lors de la cinquième Conférence Nationale Humanitaire qui s’est tenue à Paris le 17 décembre en présence du Président de la République. Effectivementles humanitaires peuvent agir sur la gestion de leurs propres déchets, la gestion de leur manière d’agir autour d’eux par rapport au dérèglement climatique – respect de la biodiversité, traitement des déchets sous toutes les formes dans des pays où parfois il n’y a pas les filières pour ça et qu’il faut prendre en compteEt puis bien sûr il y a la question de l’adaptation. C’est-à-dire comment on aide les populations à faire face aux conséquences du réchauffement climatiquecomment on peut les préparer à répondre à leurs besoins en faisant face à ce dérèglement notamment pour les agriculteurs, les éleveurs, les pécheurs et tous les métiers des pays pauvres en guerre.

Alain BOINET, Fondateur de l’organisation Solidarités International et de Défis Humanitaires

LES ÉPIDÉMIES ET LES FAIBLESSES DES SYSTÈMES DE SANTÉ.

Il existe également un autre facteur majeur contribuant à l’émergence de crises humanitaires, à savoir les épidémies et les faiblesses des systèmes de santé pour y faire face. Sur les dix dernières années, les épidémies sont d’ailleurs devenues de plus en plus fréquentes, avec une augmentation de près de 7% chaque année et la pandémie de Covid-19 est sans conteste l’illustration de l’augmentation du risque d’épidémies à venir pour l’ensemble de la planète.

Au début de cette pandémie, certains ont ressorti à juste titre des analyses et des évaluations qui avaient été faites 10 ou 15 ans avant, qui annonçaient déjà ce type de pandémie au niveau international. Les épidémiologistes disent que si nous continuons comme ça il y aura de nouvelles épidémies d’une telle ampleur avec les conséquences que ça entraine, à la fois les victimes – les gens qui en meurent – mais aussi les conséquences économiques et sociales humaines qui sont absolument phénoménales, ne serait-ce qu’en termes de coût.

Alain BOINET, Fondateur de l’organisation Solidarités International et de Défis Humanitaires

Le problème, c’est que les pays qui souffrent d’un sous-développement économique et social disposent également des systèmes de santé qui sont les plus faibles du monde et ne peuvent par conséquent pas assurer un accès à la santé effectif et fiable pour tous. Ce problème est d’autant plus critique que les États avec les plus faibles systèmes de santé sont également plus exposés aux facteurs à même de provoquer des crises humanitaires, elles-mêmes susceptibles de déclencher une crise sanitaire.

Pour mieux comprendre cette relation de cause à effet, prenons l’exemple des conflits armés. En effet, l’intensité des combats peut être telle, que les campagnes de vaccination peuvent être freinée ou stoppée lorsque les structures de santé ne font tout simplement pas l’objet de bombardements délibérés malgré l’interdiction inscrite en droit international humanitaire. Par conséquent, l’interruption des services de santé dans les zones de conflit a pour résultat de contribuer à la résurgence de maladies qui étaient pourtant éradiquées avant la survenance de la guerre.

C’est exactement ce qu’il s’est passé en Syrie, où l’interruption des campagnes de vaccination massives contre le virus de la poliomyélite, qui provoque la paralysie des membres et dans certains cas la mort, a fait son retour dès 2013 après le début de la guerre alors que le pays n’avait pas connu de cas depuis 1999. Même chose au Yémen, où le conflit qui oppose les milices houthis aux forces pro-gouvernementales a quant à lui contribué à la résurgence du choléra depuis 2016, une diarrhée infectieuse si extrême qu’elle peut entrainer la mort par déshydratation en quelques heures.

À ce propos, l’état de santé des populations vulnérables est d’autant plus mis en danger en cas de difficulté d’accès à l’eau potable. À l’heure actuelle, 2,2 milliards de personnes n’ont d’ailleurs toujours pas accès à l’eau potable, et cette réalité combinée à l’absence de structures d’assainissement est responsable de la propagation de maladies hydriques comme le choléra, le paludisme ou la typhoïde dont les effets sont amplifiés par la faiblesse des systèmes de santé et tuent 2,6 millions d’individus chaque année.

Et la question de l’accès à la santé dans les contextes humanitaires est d’autant plus essentielle actuellement que la pandémie de Covid-19 a dans beaucoup d’endroits eu pour effet de littéralement suspendre les campagnes de vaccinations contre la rougeole et la poliomyélite mais aussi les efforts menés contre d’autres maladies transmissibles. L’Organisation Mondiale de la Santé estime ainsi que les perturbations induites par la pandémie de COVID-19 sur les systèmes de santé pourraient effacer 20 années de progrès dans la lutte menée contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.

LE FINANCEMENT DE L’AIDE HUMANITAIRE.

Mais les effets de la pandémie de Covid-19 dans les contextes humanitaires ne s’observent pas seulement dans le secteur de la santé, puisqu’ils font également naitre d’immenses craintes au sujet du financement de l’aide humanitaire. En effet, la pandémie de COVID-19 a également été à l’origine de la plus importante récession mondiale depuis la Grande Dépression des années trente, et il y a logiquement lieu d’émettre de profondes inquiétudes vis-à-vis des moyens dont disposeront les organisations humanitaires pour répondre aux crises actuelles et à venir.

Des premiers signes de recul du financement de l’aide humanitaire internationale sont d’ailleurs déjà observables, comme avec la réduction de plus de 60% de l’aide attribuée par le Royaume-Uni à l’assistance d’urgence au Yémen, en passant de 230 millions € en 2020 à 120 millions € pour 2021. L’heure n’est pourtant pas à la diminution des besoins, puisque l’ONU a lancé un appel record de 35 milliards de dollars pour financer l’aide humanitaire en 2021 afin de venir en aide aux 235 millions de personnes actuellement dans le besoin, soit 40% de plus que l’année précédente.

Malgré tout, il reste des raisons d’espérer qu’un sursaut interviendra afin de ne pas laisser les besoins humanitaires sans les moyens nécessaires pour y répondre, comme nous l’explique Alain Boinet :

Je ne crois pas que les bailleurs, que ceux qui financent l’action humanitaire vont baisser leurs ressourcesJe pense que les budgets de l’aide humanitaire vont continuer d’augmenter dans la durée, parce que j’ai souvent vu les décideurs considérer qu’autant on pouvait à un moment donné lever le pied, faire une pause, voire réduire des budgets d’aide au développement parce que c’est du long terme mais jamais il n’y a eu d’impasse sur l’aide humanitaire. On sait que c’est de l’urgence, et que si l’on ne répond pas aux besoins, la situation va s’envenimer, ça va devenir une crise internationale. Ça ne veut pas dire que ça ne se reproduira pas, mais aujourd’hui il y a une sorte de conscience humanitaire qui fait que l’on va vers plus de moyens car il y a plus de besoins tout simplement. Et d’ailleurs, comme la démographie va en augmentant notamment dans les pays pauvres, et qui sont aussi des pays en conflits, cette aide devrait continuer d’augmenter.

Alain BOINET, Fondateur de l’organisation Solidarités International et de Défis Humanitaires

En conclusion, s’il y a bien une chose à retenir au travers de cette analyse, c’est que tous les facteurs que nous venons de voir et qui contribuent à la persistance des crises humanitaires, sont en réalité interconnectés. On l’a vu :

  • La violence des conflits armés aggrave l’extrême pauvreté et l’insécurité alimentaire, limite l’accès à des structures de santé et contribue aux migrations.
  • De la même manière, l’extrême pauvreté freine l’accès à la santé et limite les moyens de lutte contre le dérèglement climatique, tandis qu’associée à l’insécurité alimentaire elle favorise également les migrations et peut devenir la source de violences et de revendications armées.
  • L’impossibilité de bénéficier de soins de santé est également un motif de migration, de même que la prolifération de maladies contribue à la persistance de l’insécurité alimentaire.
  • Enfin, les effets du dérèglement climatique aggravent à la fois l’extrême pauvreté et l’insécurité alimentaire tout en influençant les motifs de migration. Et comme si cela ne suffisait pas, la compétition autour des ressources alimentaires et aquifères dans les régions très exposées aux effets du dérèglement climatique est susceptible de provoquer des violences armées.

Par conséquent, cela démontre bien que la résolution d’une crise humanitaire ne peut s’effectuer uniquement à l’aide d’une réponse verticale, c’est-à-dire en se focalisant sur un seul facteur. Il faut au contraire envisager des axes de réponse horizontaux, qui prennent en considération l’interconnexion des facteurs de crise. C’est la raison pour laquelle les organisations humanitaires appliquent de plus en plus une approche intégrée, qui se traduit par la mise en œuvre de projets qui combinent des solutions adressées à plusieurs problématiques. 

Mais là encore, et comme nous avons eu l’occasion déjà de le rappeler dans d’autres épisodes long format, la résolution des crises humanitaires ne repose pas uniquement sur les organisations humanitaires mais avant tout sur les États et les gouvernements concernés, premiers responsables des opérations de secours et d’assistance auprès des populations dans le besoin.

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