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Humanitaire: Comment les associations utilisent-elles vos dons ?

Humanitaire: Comment les associations utilisent-elles vos dons ?

Le public est régulièrement sollicité pour effectuer un ou plusieurs dons en faveur d’une cause humanitaire et solidaire. Et que cet appel à la générosité soit directement formulé par les associations ou effectué par l’intermédiaire d’un « recruteur de donateur » dans la rue, il est aussi naturel que légitime de se demander de quelle manière sont utilisés ces dons.

Pour le savoir, la meilleure chose à faire est de consulter le rapport annuel et financier de l’association (lorsque celui-ci est disponible, généralement sur son site internet). Néanmoins, consulter un bilan comptable n’est pas toujours aisé, tant la lecture de ces pages constituées d’une accumulation de chiffres peut rapidement se révéler fastidieuse sans pour autant permettre de définir si l’association gère ses ressources avec rigueur et honnêteté.

En apportant des réponses aux questions les plus fréquemment posées, Carnet de Bord – HUMANITAIRE vous dit tout ce qu’il faut savoir au sujet de la gestion des dons associatifs, avec un regard sur le bilan comptable de 78 associations de nationalité française, suisse et belge (à découvrir en fin d’article).

D’où provient l’argent qu’utilisent les associations humanitaires ?

Les associations humanitaires et de solidarité internationale s’appuient essentiellement sur deux types de ressources : les subventions publiques et les dons privés.


Certaines associations parviennent également à diversifier leurs ressources à l’aide de prestations de services facturées auprès du public. C’est typiquement le cas des Croix-Rouges nationales pour des activités telles que l’accompagnement et l’aide à domicile auprès des personnes fragilisées ou des boutiques solidaires.


Il est question de subvention publique lorsque l’association bénéficie d’une enveloppe budgétaire de la part de l’État, d’une région, d’un département, d’une commune ou d’un d’établissement public, avec l’objectif de mettre en œuvre un projet spécifique. En France par exemple, c’est le Centre de Crise et de Soutien (CDCS) du Ministère des Affaires Étrangères qui fait figure de donateur régulier pour l’assistance humanitaire d’urgence.

À l’échelle internationale, la Commission Européenne, au travers de son département dédié à l’aide humanitaire désigné sous l’acronyme « ECHO » (pour « Directorate-General for European Civil Protection and Humanitarian Aid Operations » ou « Direction générale pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire européennes de la Commission européenne »), représente l’un des plus grands donateurs de l’aide humanitaire dans le monde. L’ONU et ses institutions font également figure de donateurs, en termes de fonds, mais aussi en nature. Par exemple, l’UNICEF peut se charger de fournir les associations en matériel d’hygiène, le Programme Alimentaire Mondial en denrées alimentaires et la FAO en semences et matériel agricoles.

À l’inverse, une association peut également s’appuyer sur des contributions privées, soit au travers du soutien d’une fondation ou d’une entreprise, soit grâce aux dons du public, qu’ils soient ponctuels (s’ils sont occasionnels, suite à un appel aux dons par exemple) ou réguliers (effectués de manière mensuelle ou annuelle). 

À quoi cela sert-il de faire des dons aux associations si celles-ci peuvent déjà bénéficier de subventions publiques ?

Lorsque survient une catastrophe, c’est la réactivité de l’association qui permettra de sauver des vies au plus vite, d’autant plus si le pays dans lequel s’est produit cette catastrophe ne dispose pas de moyens matériels, humains et financiers suffisants pour répondre aux besoins. 

Néanmoins, si une association ne dépend que de subventions publiques, la lenteur qui caractérise ces financements est telle, qu’il lui sera généralement impossible de mettre en œuvre une réponse d’urgence, au détriment des communautés les plus sévèrement touchées :

  • 1️⃣ En premier lieu, il est en effet nécessaire qu’une autorité publique publie un appel à projet, comme dans le cadre du Fond d’Urgence Humanitaire du CDCS du Ministère des Affaires Étrangère en France. Selon les institutions, ces appels à projets sont généralement formulés une à deux fois par année et à de rares occasions à la suite de la survenance d’une catastrophe spécifique.
  • 2️⃣ Après qu’un tel appel à projet ait été publié, les associations doivent rédiger une proposition de projet (communément appelée « concept note » « propal’ » ou « proposal » dans le jargon humanitaire) dans un délai imparti.
  • 3️⃣ Étant donné que les fonds de la subvention sont limités et que plusieurs associations soumettent des propositions, une sélection parmi les meilleures d’entre elles est réalisée. Cette sélection se base notamment sur le montant demandé par chaque association, la proportion du montant qui sera exclusivement accordé aux activités d’assistance, la nature du projet, le nombre de personne qui en bénéficieront sur place, etc…
  • 4️⃣ La sélection des projets s’étale généralement sur quelques jours voire plusieurs semaines si l’institution demande que les propositions soient corrigées ou modifiées.
  • 5️⃣ Lorsque les projets sont sélectionnés et validés, la signature du contrat de subvention peut avoir lieu. Là encore, plusieurs jours peuvent passer entre l’accord de la subvention et la signature effective du contrat. Tant que le contrat de subvention n’est pas signé par toutes les partie concernées, les fonds restent bloqués.

Une fois le contrat signé, il faut encore attendre plusieurs jours pour que les fonds soient enfin débloqués et transférés sur le compte de l’association. Pour ne pas perdre davantage de temps, l’association peut déjà entamer toutes les démarches utiles pour commander le matériel nécessaire à la mise en œuvre du projet. Sur place, les équipes en charge des activités commencent la sélection des bénéficiaires.

Pour limiter une telle perte de temps et s’assurer d’intervenir au plus vite après la survenance d’une crise humanitaire, les associations comptent donc sur les dons effectués par le public. Plus une association bénéficie de la générosité du public, plus celle-ci dispose d’une indépendance financière lui permettant de déployer rapidement ses équipes sur place en attendant que d’éventuelles subventions publiques viennent compléter le financement de leur action sur le terrain.

Les comptes et les dépenses des associations sont-ils surveillés ? Si oui, par qui et à quelle fréquence ?

En premier lieu, les associations sont tenues de réaliser en interne des audits afin de s’assurer que les fonds dont elles ont la charge sont correctement utilisés pour l’ensemble des projets qu’elles mettent en œuvre sur le terrain, en conformité avec leurs procédures internes.

Parallèlement, certaines associations françaises régies par la loi du 1er juillet 1901 et dont les ressources dépassent un certain niveau sont soumises à l’obligation d’avoir recours à un Commissaire aux comptes. C’est notamment le cas lorsque :

  • L’association remplit deux des trois critères suivants : disposer d’un effectif d’au moins 50 salariés, d’un chiffre d’affaires ou des recettes annuelles hors-taxes de 3 100 000 € au minimum ou d’un total de bilan supérieur à 1 550 000 €,
  • Les ressources de l’association dépassent 200 000€ avec rémunération d’un à trois salariés,
  • L’association bénéficie de subventions publiques et/ou de dons dont le montant dépasse 153 000€, lesquels donnent droit à un avantage fiscal au titre de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés.

➡️ Qu’est-ce qu’un Commissaire aux comptes ? Quelle est sa fonction ?

[En France] En vertu de l’article L. 823-9 du Code de commerce, un Commissaire aux comptes est chargé d’une mission d’intérêt général dont le but est de vérifier les comptes annuels des associations sur la base de tous les documents (suivi budgétaire, rapport moral et financier, etc…) transmis par le trésorier ou l’expert-comptable de l’association. S’il ne détecte aucune anomalie qui proviendrait de fraudes ou d’erreurs, il certifie la régularité et la sincérité des comptes de l’organisation au sein d’un rapport. Il engage à ce titre sa responsabilité civile et pénale.

Si l’association bénéficie de dons et de subventions dont le montant est supérieur à 153 000€ et ouvrent droit à des avantages fiscaux, la publication des comptes annuels de l’association et du rapport du Commissaire aux comptes au Journal officiel des associations et fondations d’entreprise (JOAFE) est obligatoire.

➡️ Qui est en charge de nommer un Commissaire aux comptes ?

[En France] C’est l’association elle-même qui, par l’intermédiaire de son assemblée générale, est chargée de nommer un Commissaire aux comptes. Celui-ci est choisi pour une durée de six ans.

➡️ Que se passe-t-il si le Commissaire aux comptes détecte des irrégularités ?

[En France] Si le Commissaire aux comptes relève dans le cadre de sa mission des inexactitudes, des irrégularités ou des faits délictueux relatifs à la gestion de l’association, il se trouve alors dans l’obligation d’informer le Procureur de la République. En parallèle, il déclenche une procédure d’alerte dont le but est d’inviter les responsables de l’association à adopter des mesures destinées à améliorer la gestion des comptes.

➡️ Les associations sont-elles soumises à d’autres contrôles ?

Chaque bailleur et institution finançant des projets d’assistance internationale se réserve la possibilité de réaliser un audit afin d’examiner à l’euro près l’utilisation du budget des projets. En France, l’État peut également contrôler à tout moment l’utilisation des fonds d’une association, par l’intermédiaire de la Cour des comptes ou des Chambres régionales des comptes.

Quelle est la nature des dépenses et des frais engagés par les associations ?

Il est possible de classer les dépenses des associations en trois grandes catégories :

  • Les fonds attribués aux programmes et à leur mise en œuvre,
  • Les frais de fonctionnement de l’association,
  • Les frais destinés à la communication et la recherche de fonds.

Précision : Par souci de simplicité, ainsi qu’en raison du rôle que joue la communication en matière de recherche de fonds, Carnet de Bord – HUMANITAIRE prend volontairement le parti de classer les frais de communication avec les dépenses relatives à la recherche de fonds.


➡️ Les fonds attribués aux programmes.

Comme leur nom l’indique, il s’agit des ressources que l’association engage pour ses opérations, c’est-à-dire la réalisation des projets dont elle a la charge. Certaines associations préfèrent parler de « programmes » tandis que d’autres utilisent le terme « missions sociales ». De manière générale, il s’agit des dépenses réalisées directement sur le terrain, telles que l’aide directe auprès des bénéficiaires (denrées alimentaires, matériel de première nécessité, médicaments, etc…) ou les salaires des employés en charge de la mise en œuvre du projet sur place.

➡️ Les frais de fonctionnement.

En résumé, les frais de fonctionnement d’une association correspondent aux dépenses qui ne sont pas effectuées directement sur le terrain mais qui permettent à l’association de fonctionner. En détail, il peut s’agir par exemple des loyers des locaux, de l’achat et l’entretien de l’équipement informatique, les frais bancaires, les frais de comptabilité et d’audit dont le coût du contrôle effectué par le Commissaire aux comptes, les conseils juridiques… Le montant et la proportion de ces frais de fonctionnement varient d’une structure à une autre et augmentent à mesure que l’association et son volume d’activités s’accroissent.

➡️ Les frais destinés à la communication et la recherche de fonds.

Il est ici question des frais relatifs à la création d’un site internet, de la publication de documents de présentation et d’information auprès du public mais également tout ce qui concerne la gestion de la recherche de dons (on parle aussi de « fundraising »), telles que l’organisation des collectes (documents papier et numérique, mise en place d’événements) ainsi que la gestion de la base de données des donateurs et du traitement des reçus fiscaux.

Pourquoi est-il impossible que l’intégralité des dons soit attribuée à 100% à l’aide directe auprès des bénéficiaires ?

Prenons l’exemple d’une distribution alimentaire auprès d’une communauté vivant dans une région reculée : 

  • 1️⃣ Cela nécessite, après achat (💰) ou approvisionnement en nature auprès du Programme Alimentaire Mondial, que les denrées à distribuer soient d’abord stockées dans un entrepôt loué (💰) à cette fin.
  • 2️⃣ Lorsque les éléments contextuels (sécurité, climat etc…) sont réunis pour que le transport des denrées alimentaires puisse avoir lieu, il est nécessaire qu’un camion avec le service d’un chauffeur soit loué aux frais de l’association (💰), afin que l’aide alimentaire soit transportée depuis l’entrepôt jusqu’aux communautés bénéficiaires. Très généralement, l’association s’appuie sur des travailleurs journaliers (💰) pour assurer le chargement du camion.
  • 3️⃣ Une fois arrivé au site de distribution, le camion rempli de plusieurs tonnes de vivres doit être déchargé, une nouvelle fois par des travailleurs journaliers (💰). Le jour de la distribution, il est également nécessaire d’employer d’autres travailleurs journaliers (💰) pour préparer les kits de vivres à distribuer, diffuser les messages d’information de l’association auprès de la population et les traduire si nécessaire, veiller à ce que les bénéficiaires qui patientent gardent leur calme, etc…
  • 4️⃣ Lorsque toutes ces étapes sont passées, la distribution peut enfin avoir lieu.

Étant donné que l’aide alimentaire ne tombe pas du ciel (ou alors grâce à un avion !), toute une logistique de moyens humains et matériels est donc nécessaire pour réaliser une distribution dans les meilleures conditions. Il en est de même pour toutes les autres activités humanitaires, qui comportent chacune leur lot de frais additionnels.

Pourquoi les associations humanitaires ne s’appuient pas davantage (ou uniquement) sur des bénévoles ?

Sous prétexte que l’humanitaire vise fondamentalement à apporter de l’aide, il est souvent considéré que n’importe qui peut le faire gratuitement. Mais travailler dans l’humanitaire, ce n’est pas seulement « aider son prochain ». C’est avant tout identifier avec précision quelles sont les personnes les plus vulnérables et déterminer quel type d’assistance répond le mieux à leurs besoins. C’est aussi évaluer et analyser les risques environnementaux, économiques, sociaux et sécuritaires liés à la crise en question et mettre en œuvre les mesures les plus adéquates possibles pour ne pas créer davantage de problèmes.

Travailler dans l’humanitaire c’est aussi recruter les équipes sur place qui seront au cœur de la mise en œuvre de l’intervention, mais aussi veiller chaque jour à la bonne utilisation des fonds attribués aux projets d’assistance. C’est également s’assurer que la logistique opérationnelle soit efficace sept jours sur sept quelques soient les challenges quotidiens. C’est garantir que les standards de qualité de mise en œuvre de l’action humanitaire soient respectés tout en travaillant en faveur d’une stratégie de sortie pour que cette assistance ne soit pas réalisée ad vitam aeternam.

C’est pour toutes ces raisons non-exhaustives, qui soulignent l’expertise requise pour les activités humanitaires, qu’il est indispensable d’impliquer des professionnels. Et comme il serait impensable d’exiger des médecins, infirmiers et sapeurs-pompiers d’effectuer bénévolement leur travail d’assistance auprès des personnes dans le besoin, il en est évidemment de même pour les travailleurs humanitaires.

Il est également important de rajouter que dans certains lieux d’intervention où l’économie est en berne et le taux de chômage très important, les associations humanitaires internationales sont les principaux recruteurs et permettent de cette manière de redynamiser l’économie locale et nationale. En effet, les projets qui sont mis en œuvre s’appuient pour l’essentiel sur des travailleurs nationaux, dont le travail ne peut évidemment pas s’effectuer de manière bénévole.

Aperçu des bilans financiers des principales associations humanitaires en France, Suisse et Belgique.

Maintenant que toutes les questions généralement posées autour de l’utilisation des fonds perçus par les associations humanitaires ont trouvé leurs réponses, il est temps de jeter un coup d’œil sur le bilan financier de 78 associations de nationalité française, suisse et belge.


Précision : Cette liste a été réalisée dans un but strictement informatif. Il n’est effectivement pas question de mettre les associations en concurrence les unes aux autres vis-à-vis de l’utilisation de leurs ressources. L’objectif est d’abord de regrouper sur une seule et même page les informations disponibles dans leurs bilans comptables respectifs.


FRANCE:

Nom de l’associationRessources pour 2018/2019 (en millions d’euros)Part consacrée aux projetsFrais de fonctionnementFrais de communication et recherche de fonds
Action Contre la Faim19289 %4 %7 %
ACTED31696,6 %3,4 %Information non disponible*
ActionAid0,7556 %26 %18 %
AgriSud4,9887,3 %10,5 %2,2 %
Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières14,489 %7 %3 %
Aide et Action17,379 %8 %13 %
ALIMA4593,1 %4,5 %2,4 %
Amref health Africa2,0382 %12 %6 %
ANTENNA France0,1570 %26 %4 %
Aviation Sans Frontières4,5483 %9 %8 %
Care France38,486 %3 %11 %
CCFD-Terre Solidaire4069,8 %8,7 %21,6 %
Chaîne de l’Espoir2175,3 %2,9 %21,7 %
Croix-Rouge Française45092,1 %3,1 %4,8 %
Electriciens Sans Frontières3,588 %7 %5 %
Élevages Sans Frontières1,759 %9 %32 %
FIDESCO482 %9 %9 %
Frère des Hommes1,681 %6 %13 %
GERES7,880,4 %13,3 %1,6 %
GRET31,994 %5 %0 %
Handicap International21885 %6 %9 %
LIFE ONG2,687 %3,4 %9,6 %
Médecins du Monde9781,9 %3,4 %14,7 %
Médecins Sans Frontières40390,9 %5,7 %3,4 %
Oxfam France5,263 %14 %23 %
Partage9,583,54 %3,08 %13,38 %
Plan International17,582,5 %4,7 %12,3 %
Première Urgence Internationale11393,8 %6,1 %0,1 %
Santé Sud2,484 %16 %0 %
Secours Catholique – Caritas France13479 %10 %11 %
Secours Islamique Français44,884,7 %6,8 %6,7 %
Solidarités International10592,8 %3 %4,2 %
SOS Enfants1,693,3 %6,6 %0 %
SOS Méditerranée8,184 %8 %8 %
SOS Sahel19,692,1 %0,8 %7,1 %
Terre des Hommes1,5874 %7 %19 %
Triangle Génération Humanitaire17,495 %Information non disponible*Information non disponible*
Vision du Monde / World Vision12,580,4 %5,6 %13 %
* Malgré nos multiples demandes pour obtenir des précisions sur l’utilisation de leurs ressources, ACTED et Triangle Génération Humanitaire n’ont pas répondu à nos questions.

SUISSE:

Nom de l’associationRessources pour 2018/2019 (en millions de francs suisses)Part consacrée aux projetsFrais de fonctionnementFrais de communication et recherche de fonds
Croix-Rouge Suisse54785 %13 %2 %
Enfants du Monde12,792,9 %1,5 %5,3 %
FXB281 %6 %13 %
Handicap International8,472 %6 %22 %
Helvetas0,13788 %5,5 %6,4 %
Islamic Relief Suisse5,377,4 %7,9 %14,7 %
Le projet faim / The hunger project0,59977,7 %12,3 %9 %
Medair90,5 USD92,4 %5,3 %2,3 %
Médecins du Monde4,984 %8 %8 %
Médecins Sans Frontières27892 %3 %5 %
Nouvelle Planète3,793,6 %4,8 %1,4 %
Pain pour le prochain / Brot Für Alle18,272,5 %6,7 %8,8 %
ROKPA1,578 %Information non disponible**Information non disponible**
Save The Children22,581 %4 %15 %
Terre des Hommes11785 %8 %7 %
World Vision28,979 %8 %13 %
** Malgré nos multiples demandes pour obtenir des précisions sur l’utilisation de ses ressources, l’association ROKPA n’a pas répondu à nos questions.

BELGIQUE:

Nom de l’associationRessources pour 2018/2019 (en millions d’euros)Part consacrée aux projetsFrais de fonctionnementFrais de communication et recherche de fonds
Auto Développement Afrique0,46187,8 %9,3 %1,8 %
Autre Terre1,585,7 %12,9 %1,4 %
Aviation Sans Frontières0,99447 %22,6 %30,4 %
Broederlijk Delen13,785,4 %5,1 %9,5 %
Caritas3281,8 %13,3 %4,9 %
CNCD-11.11.115,577,1 %10,7 %12,3 %
Child Help1,629,4 %8,8 %61,7 %
Chaîne de l’Espoir187,7 %4 %8,2 %
CODEART0,22271,6 %28,8 %3,6 %
Croix-Rouge de Belgique156,895,8 %2,5 %2,3 %
Enfance Tiers Monde / Kinderen Derde Wereld1,294,2 %3,1 %2,5 %
Entraide et Fraternité4,984,3 %5,9 %9,7 %
Handicap International1282,6 %7,1 %7,5 %
Join for Water6,991,4 %3,6 %5 %
Louvain Coopération7,177,7 %19,1 %3,3 %
Médecins du Monde21,882,2 %7,6 %10,2 %
Médecins Sans Frontières38085,3 %13,7 %1 %
Médecins Sans Vacances3,970,5 %22,2 %7,3 %
Oxfam-Solidarité4272 %9 %19 %
Plan International17,484,5 %5,5 %10 %
Rikolto8,990 %3,1 %6,8 %
SOS Faim9,491,1 %4,1 %4,7 %
SOS Village d’Enfants10,675,8 %18,4 %5,8 %
Vétérinaires Sans Frontières9,487,1 %6,1 %6,9 %

Comment interpréter ces ratios ? Y-a-t-il des bons et des mauvais ratios ?

Il serait trop facile de se fier uniquement à la proportion des ressources que l’association réserve à ses projets. Contrairement aux conclusions hâtives de la revue Capital à ce sujet, il est erroné de penser que plus le montant des ressources allouées aux projets est élevée, mieux l’association est gérée et respectueuse des dons qu’elle reçoit. En effet, de faibles frais de fonctionnement ne sont pas nécessairement synonymes de bonne gestion. Comme le rappelle le label du Don en Confiance, « la faiblesse des frais de fonctionnement peut traduire l’insuffisance des structures de gestion et de contrôle de l’organisme pouvant ouvrir la voie à des risques de mauvaise gestion, gabegie ou détournement ». Autrement dit, une association mobilisant d’importantes ressources issues de la collecte de dons nécessitera que soient impliqués des professionnels aguerris à la gestion, au suivi et au contrôle de l’utilisation de ces ressources. Rappelons-le encore, le premier niveau de contrôle de financement des associations est interne, et cela représente nécessairement un coût, qui doit être vu comme un gage de confiance, et non l’inverse.

Il est également incorrect de comparer les associations sur la base de ces seuls chiffres, en prétextant qu’il voudrait mieux donner à certaines plutôt qu’à d’autres, puisqu’aucune association n’est réellement comparable. Certaines associations s’appuient sur un énorme réseau de bénévoles, ce qui leur permet de réduire leurs frais de fonctionnement. D’autres bénéficient d’une aura médiatique suffisante pour limiter leurs frais de communication. De plus, la répartition comptable des ressources peut varier d’une structure à une autre. Une association A peut effectivement faire le choix d’assimiler le salaire de ses employés aux frais de fonctionnement tandis qu’une association B peut arbitrairement choisir de les affecter aux ressources de leurs missions sociales.

Pour autant, cela ne signifie pas que l’étude de ces ratios est inutile ou déplacée. Il reste en effet utile de suivre leur évolution chaque année, ne serait-ce que pour limiter les risques de détournement et de dérives, comme une augmentation disproportionnée des frais de fonctionnement qui serait liée à une hausse abusive des salaires des dirigeants de l’association par exemple.

Comment les donateurs peuvent-ils évaluer la qualité de gestion des associations humanitaires ?

À la vue de tous les éléments examinés au cours de cette analyse, deux éléments doivent vous permettre de renforcer votre confiance envers l’association pour laquelle vous souhaitez effectuer un don :

  • ✅ La certification des comptes de l’association par un Commissaire aux comptes, puisque cela signifie que sa gestion financière ne comporte aucune fraude ni erreur.
  • ✅ La labélisation de l’association auprès du Don en Confiance ou de l’Institut IDEAS (France), de la ZEWO (Suisse) ou  de l’AERF (Belgique) qui certifient l’usage de bonnes pratiques en matière de gouvernance au sein des associations et que les dons sont utilisés de manière stable d’une année à l’autre à l’aide d’une gestion rigoureuse.

Néanmoins, Carnet de Bord – HUMANITAIRE encourage vivement les associations humanitaires à revoir la manière avec laquelle elles communiquent au sujet de l’utilisation de leurs ressources. L’examen de l’ensemble de ces bilans comptables a effectivement relevé que plusieurs d’entre elles se contentent d’un simple résumé trop bref tandis que d’autres se perdent dans les détails et le jargon comptable sans pour autant permettre de comprendre avec aisance l’état de la gestion financière de l’association.

Transparence et exhaustivité sont indispensables mais ne doivent pas se faire au détriment de la compréhension du public. L’absence de pédagogie est contre-productive puisqu’elle ne permet pas de favoriser la compréhension du public et donc l’intérêt de celui-ci pour les actions menées par les associations. Rappelons qu’à l’incompréhension se mêle très généralement la méfiance, et de la méfiance découle inévitablement le refus d’effectuer un don. Face à l’incertitude à laquelle le monde humanitaire fait face en matière de financement en raison de l’impact de la pandémie de Covid-19, il n’est donc pas dans l’intérêt des associations de négliger la pédagogie dans le cadre de leur communication avec le public.

Enfin et surtout, Carnet de Bord – HUMANITAIRE invite l’ensemble des associations humanitaires et de solidarité internationale à revoir intégralement l’approche avec laquelle elles présentent les résultats de leurs activités auprès du public et de leurs donateurs. Il n’est plus suffisant de se contenter de mentionner le nombre total de personnes aidées pour prétendre auprès du public que l’action menée sur le terrain est aussi performante que qualitative. En tant que professionnels de l’humanitaire, nous sommes pourtant bien placés pour savoir que se focaliser uniquement sur le nombre de bénéficiaires n’est pas un indicateur fiable lorsqu’il s’agit d’apporter une réponse durable et pertinente aux besoins des communautés les plus vulnérables.

Il est donc maintenant plus que temps que la justification des dons du public passe aussi et surtout par une analyse de la qualité et de l’impact des projets mis en œuvre. C’est la raison pour laquelle Carnet de Bord – HUMANITAIRE suggère aux associations humanitaires et leurs équipes communication de puiser l’information là où elle est déjà disponible, c’est-à-dire au sein des rapports adressés aux bailleurs et financeurs publics, dans lesquels sont automatiquement incluses des données relatives à la satisfaction des bénéficiaires, à l’impact et à la durabilité des projets mis en œuvre. Cet indicateur de qualité offrira ainsi plus de visibilité au public qui ne bénéficie encore que de trop peu d’information sur ce qu’il se passe réellement sur le terrain.

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