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Quel métier pour lutter contre la faim dans le monde ?

Quel métier pour lutter contre la faim dans le monde ?

LA FAIM DANS LE MONDE, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Actuellement, au moment où je vous parle, on estime que 2,37 milliards de personnes n’ont pas accès à une nourriture adéquate, c’est-à-dire à une alimentation qui soit suffisante en quantité et en qualité, pour bien se développer physiquement, mentalement et rester en bonne santé. Et 2,37 milliards de personnes, quand on sait que l’on est 7,9 milliards d’êtres humains sur la planète, ça veut dire qu’un tiers de la population mondiale, une personne sur trois dans le monde ne mange pas à sa faim.

Et sur ces 2,37 milliards de personnes qui ne mangent pas à leur faim, il y en a 928 millions qui sont en situation d’insécurité alimentaire grave, c’est-à-dire que ces personnes doivent parfois passer des journées entières sans pouvoir manger quoi que ce soit. À titre de comparaison, ça représente plus de monde que le nombre de total de personnes qui sont en Europe. Puisque l’Europe, si on y inclut la Russie, ça représente 750 millions de personnes, ce qui fait 180 millions de moins que le nombre de personnes gravement sous-alimentées dans le monde.

Et c’est d’autant plus inquiétant que depuis 2015, il y a de plus en plus de personnes qui souffrent de la faim sur Terre. En 2015, il y avait 600 millions de personnes dans cette situation, et les derniers chiffres qui sont disponibles et qui datent de 2020, démontrent que nous avons dépassé les 920 millions de personnes.

Alors, où vivent les personnes qui souffrent de la faim ? Et bien contrairement à certaines idées reçues, ce n’est pas en Afrique que l’on recense le plus grand nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire grave, mais en Asie !

  • Il y a effectivement 471 millions d’individus qui souffrent de la faim en Asie, dont la plus grande partie se trouve en Asie du Sud, donc surtout en Afghanistan, en Inde et au Bangladesh (387 millions).
  • En Afrique, 346 millions de personnes sont touchées par une crise alimentaire grave, et c’est surtout le cas dans la zone sub-saharienne, c’est-à-dire dans les pays qui se trouvent au sud du Sahara comme le Soudan du Sud, l’Éthiopie ou la République Démocratique du Congo (323 millions).
  • En revanche, c’est effectivement en Afrique que la prévalence de l’insécurité alimentaire est la plus importante, c’est-à-dire qu’en termes de proportion, le continent Africain est plus affecté que l’Asie, puisque 21% des Africains sont sous-alimentés, tandis que seul 9% de la population d’Asie est touchée par la sous-alimentation. Et ça s’explique tout simplement parce que le continent asiatique est évidemment plus peuplé que l’Afrique.
  • Pour le reste du monde, il est aussi important de préciser qu’il y a 93 millions de personnes en Amérique Latine et dans les Caraïbes qui sont concernées par l’insécurité alimentaire grave, 16 millions en Amérique du Nord et en Europe, et 1 million en Océanie.

Enfin, il est aussi important d’expliquer quelles sont les causes, les facteurs qui font qu’en 2022, 928 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. Et il y a principalement trois raisons à l’origine de ce problème :

Les conflits armés.

C’est-à-dire les guerres et les violences armées de forte intensité que l’on recense dans plusieurs dizaines de pays dans le monde. Et c’est assez simple à comprendre, puisque les conflits armés ont notamment pour conséquence d’empêcher les agriculteurs d’accéder à leur terre pour y cultiver et récolter quoi que ce soit. Et puis la guerre a aussi pour effet de détruire le matériel et les infrastructures agricoles, comme les silos de stockage mais aussi les routes et les moyens de transports qui permettent d’acheminer les denrées alimentaires.

Et l’impact des conflits armés est tel, que l’on estime qu’ils sont non seulement à l’origine de 80 % des besoins d’aide humanitaire dans le monde, mais ils sont également la principale cause des mouvements de déplacés et de réfugiés.

Le dérèglement climatique.

Il se manifeste d’ailleurs de différentes manières dans le monde. Par exemple, dans certaines régions comme c’est le cas dans le sud de Madagascar, en Afrique de l’Est ou en Amérique centrale, la pluie se fait de plus en plus rare et ça contribue à l’apparition de sècheresses extrêmes, au point que les populations qui vivent dans ces régions ne peuvent ni cultiver, ni récolter quoi que ce soit.

Mais on observe aussi l’effet inverse, c’est-à-dire que le dérèglement climatique provoque également de plus en plus régulièrement des pluies destructrices, comme c’est le cas au Bangladesh ou encore en Afrique australe, et qui ont pour effet de provoquer d’immenses inondations qui détruisent les cultures.

Rien qu’en 2019, les Nations Unies ont estimé que 34 millions de personnes se sont retrouvées en situation de crise alimentaire suite à la survenance d’un ou de plusieurs phénomènes climatiques extrêmes, ce qui représente une hausse de 17% par rapport à 2018 ! 

Du coup, la baisse des rendements agricoles, c’est-à-dire la diminution des récoltes, a aussi pour effet collatéral d’augmenter les prix des denrées alimentaires et de priver davantage les populations les plus pauvres à un accès durable à l’alimentation.

Les inégalités socio-économiques.

C’est-à-dire la pauvreté, tout simplement. Et ça veut dire que les gens qui sont sous-alimentés, ne le sont pas parce que les denrées alimentaires n’existent pas en quantité suffisante là où ils vivent, mais plutôt parce qu’ils n’ont pas suffisamment d’argent pour acheter cette nourriture. 

Par exemple, dans un pays comme le Soudan du Sud, qui est aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres au monde et qui est aussi affecté par une grave crise alimentaire, et bien le prix d’un repas de base (qui consiste à un peu de riz avec des haricots) représente 186 % du revenu moyen quotidien d’une personne dans ce pays. Si on applique le même rapport proportionnel à la ville de New-York par exemple, ça veut dire qu’un simple sandwich coûterait 393 dollars là-bas ! 

Et c’est donc en ce sens que la pauvreté contribue à la persistance de la faim dans le monde, parce que des millions de personnes n’ont tout simplement pas suffisamment d’argent pour acheter une nourriture en quantité et en qualité suffisante, et la pandémie de Covid-19 et son impact économique partout dans le monde a évidemment aggravé cette tendance.

COMMENT LES HUMANITAIRES LUTTENT-ILS CONTRE LA FAIM DANS LE MONDE ?

Alors, quand on voit tous ces chiffres et la réalité dramatique qu’ils reflètent, on aurait tendance à se dire qu’en fait, la faim dans le monde est une fatalité, et qu’il n’y a rien qui puisse être fait en 2022 pour changer cela. Et bien pas du tout ! Déjà parce que de nos jours, on produit sur la planète suffisamment de denrées alimentaires, de nourriture pour nourrir 12 milliards d’êtres humains, alors que nous sommes un peu moins de 8 milliards sur Terre !

Et puis la faim dans le monde n’est pas non plus une fatalité, puisqu’il y a des remèdes, des stratégies pour en venir à bout, ou du moins pour réduire ses effets, et c’est là-dessus que travaillent les professionnels humanitaires, en tout cas ceux qui comme moi, occupent le poste de chargé de programme en sécurité alimentaire et économique.

Et en contexte humanitaire, il existe d’ailleurs trois volets stratégiques pour permettre aux personnes d’améliorer leur sécurité alimentaire, et le choix de chacune de ces stratégies varie selon l’intensité des besoins observés sur place. Et pour mieux comprendre de quoi je parle, je vous propose une mise en situation.

Imaginons qu’après le passage d’un cyclone destructeur, une communauté qui vit en bord de mer a perdu tout ce qui lui permettait de subvenir à ses besoins, c’est-à-dire les bateaux, le matériel qui lui permettait d’aller pêcher en mer, mais aussi ses récoltes. Après la survenance de cette catastrophe d’origine naturelle, les travailleurs humanitaires arrivent donc sur place et doivent réaliser ce que l’on appelle une évaluation des besoins, afin de déterminer si oui ou non, il est nécessaire d’intervenir pour aider ces personnes.

Les activités d’urgence.

Alors, si lors de cette évaluation des besoins on détecte la présence d’enfants qui souffrent de malnutrition aigüe, c’est-à-dire qu’ils ont un poids très inférieur à celui qu’ils devraient avoir par rapport à leur taille (évaluée notamment avec un bracelet bracchial), alors on met en place en priorité ce que l’on appelle des activités de secours.

Dans ce genre de situation, l’urgence est en effet de sauver la vie des enfants malnutris. Et pour y arriver, on a généralement recours à une activité de supplémentation alimentaire. Ça consiste en général à soigner les enfants avec des aliments thérapeutiques comme le Plumpy’Nut, qui est une pâte à base d’arachide, et on fait ça pendant 4 à 10 semaines selon leur état de malnutrition. Et à côté de ça, on met aussi en place des activités d’accompagnement auprès des parents, pour prévenir autant que possible le risque que les enfants redeviennent malnutris.

Les activités de soutien.

Et en général, si on détecte la présence d’enfants malnutris, ça signifie très souvent que les adultes aussi ne mangent pas à leur faim. Et c’est pourquoi en parallèle à la réponse d’urgence, on met aussi en œuvre ce que l’on appelle des activités de soutien.

Ça veut dire que dans ce cas-là, on organise des distributions de denrées alimentaires pour les familles les plus fragilisées, pour éviter à tout prix que leur état nutritionnel, que leur santé se dégrade.

Mais ça, on le fait seulement si l’évaluation des besoins que l’on a faite au départ a confirmé qu’il n’existe plus aucune denrée alimentaire disponible sur place. Car si en revanche on observe que dans le village ou la ville où l’on intervient, il y a ce que l’on appelle un système de marché, que celui-ci est fonctionnel, c’est-à-dire qu’il y a des commerçants et que des denrées alimentaires sont disponibles, alors dans ce cas-là on va plutôt mettre en place une assistance économique. Ça veut dire que plutôt que de distribuer des denrées alimentaires nous-mêmes, on va attribuer une somme d’argent aux familles les plus touchées par la catastrophe, pour qu’elles puissent subvenir à leurs besoins alimentaires de manière autonome, en s’approvisionnant directement auprès des commerçants locaux. 

Car c’est ça aussi l’humanitaire, c’est mettre en place des activités, des programmes qui certes, ont pour objectif d’aider les gens, mais aussi de rétablir leur dignité, comme en leur laissant la possibilité d’utiliser l’aide qu’ils reçoivent de la manière qui convient le mieux à leurs besoins.

Les activités de relance et de renforcement des moyens d’existence.

Et enfin, ce qui est important aussi pour ne pas dire indispensable lorsque l’on gère une activité humanitaire, c’est que celle-ci doit avoir un impact durable. Et le meilleur moyen pour y parvenir, c’est de redonner à la communauté la capacité de subvenir elle-même à ses besoins. Donc dans ce cas, on peut mettre en œuvre un troisième volet d’intervention qui comprend cette fois-ci des activités dites de relance et de renforcement des moyens d’existence.

En clair, ça veut dire que l’on va chercher le moyen de rendre ces populations à nouveau autonomes, pour qu’elles ne restent pas en situation de dépendance vis-à-vis de l’aide humanitaire, et on le fait soit avec des activités de développement agricole, soit avec des activités de développement économique.

Donc, si on reprend l’exemple de la communauté qui a été impactée par un cyclone dévastateur, s’il y a des personnes qui disposent d’un accès à la terre, alors on organise généralement une distribution de semences agricoles et d’outils, avec aussi une formation aux pratiques de cultures durables, pour permettre aux familles que l’on aide de retrouver une autonomie alimentaire et éventuellement parvenir à tirer un revenu de leur activité agricole.

Par contre, si dans la communauté il y a des personnes qui ne disposent d’aucun accès à la terre, alors on va plutôt favoriser des activités qui permettront de soutenir la création ou la relance d’activités économiques. Donc dans l’exemple de la communauté en bord de mer, s’il y a effectivement des pécheurs au sein de celle-ci, alors on peut contribuer à la reprise de leur activité économique en créant un programme de rénovation de leurs bateaux, et on peut aussi associer ça à une distribution de nouveaux outils de pêche par exemple.

Mais ce n’est pas tout, puisque dans le cadre de ce volet d’activités de relance, on peut aussi envisager des activités de type « cash for work », qui se disent « argent contre travail » en français. Et le but ici, c’est d’employer plusieurs personnes issues de la communauté, pour construire ou pour rénover des infrastructures publiques afin que ça puisse bénéficier à l’ensemble de la communauté. Ça peut par exemple être la rénovation d’une école qui a été détruite ou bien construire une digue pour protéger le village contre le risque qu’une nouvelle inondation se produise.

Donc voilà globalement comment les professionnels humanitaires, les chargés de programme en sécurité alimentaire et économique comme moi, envisagent les possibles réponses que l’on peut apporter aux populations touchées par l’insécurité alimentaire, donc soit avec des activités de secours, soit avec des activités de soutien ou encore avec des activités de relance et de renforcement, tout en sachant que toutes ces activités sont complémentaires, en fonction de la nature des besoins évalués sur place.

COMMENT DEVENIR CHARGÉ DE PROGRAMME HUMANITAIRE EN SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET ÉCONOMIQUE ?

Globalement, il y a trois possibilités pour y parvenir :

Devenir un.e généraliste de l’humanitaire.

La première, c’est de suivre un parcours de formation destiné à faire de vous des généralistes de l’action humanitaire, c’est-à-dire des professionnels aptes à travailler dans différents secteurs de l’humanitaire. Et le principal avantage de ce type de formations, c’est qu’elles sont composées de cours qui sont vraiment pluridisciplinaires, à la fois pratico-techniques, comme la sécurité alimentaire évidemment, mais aussi la gestion de projet, la logistique, le financement etc… ainsi que des cours sur des disciplines qui entretiennent des liens avec l’humanitaire, comme les relations internationales, la géopolitique, l’anthropologie, etc… Je mentionnerai ici quatre formations en particulier :

  • La formation « Coordinateur de Projet », qui est proposée par l’Institut Bioforce au sein de ses deux centres de formation (Venissieux et Dakar).
Devenir un.e expert de la sécurité alimentaire.

La seconde possibilité pour devenir chargé de programme humanitaire en sécurité alimentaire et économique, c’est de suivre une formation pour devenir un spécialiste à proprement parlé de la sécurité alimentaire, pour obtenir des compétences compatibles avec l’action humanitaire, mais pas uniquement, puisqu’avec ce type de parcours vous auriez aussi la possibilité de travailler dans des organisations internationales comme l’Union Européenne ou l’ONU, ou encore au niveau national auprès des administrations publiques.

Devenir ingénieur.e agronome.

Et enfin, la troisième possibilité pour devenir chargé de programme humanitaire en sécurité alimentaire et économique, c’est de suivre une formation pour devenir ingénieur agronome. Alors c’est certainement le parcours le plus exigeant, puisqu’il s’agit du parcours qui est aussi le plus scientifique. Et puis c’est un parcours où il est bien souvent nécessaire, après obtention de votre diplôme, de justifier d’au moins 3 ans d’expérience professionnelle avant de postuler à un poste en contexte humanitaire. En revanche, l’avantage de ce type de formation, c’est que les compétences que vous obtiendrez en tant qu’ingénieur agronome vous permettront de travailler dans tout type de contexte où ces compétences sont nécessaires, que ce soit dans le cadre humanitaire ou pas, en France et dans le monde entier.

Les formations les plus réputées pour devenir ingénieur agronome sont celles d’Agrocampus Ouest, d’AgroParisTech ou encore de l’École Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse (ENSAT). Mais pour ne pas trop s’éloigner de la thématique humanitaire, je recommanderais plutôt deux Masters proposé par l’Institut Agro Montpellier :

Dans tous les cas, ce qu’il faut bien retenir, c’est que pour travailler dans l’humanitaire et en l’occurrence ici pour devenir chargé de programme en sécurité alimentaire et économique, ça nécessite de suivre une formation spécifique. Car vous l’aurez certainement bien compris, avoir de bonnes intentions, ou vouloir aider tout simplement, ça ne suffit pas. C’est donc vraiment important de garder ça à l’esprit, l’humanitaire est bien un domaine professionnel, et ça nécessite d’avoir de véritables compétences, en adéquation avec les contextes dans lesquels vous serez amenés à travailler.

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