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Vis ma vie d’humanitaire

Il n’est pas toujours évident de suivre et de comprendre ce qui fait l’actualité du monde humanitaire. Après tout, c’est l’une des raisons pour laquelle Carnet de Bord – HUMANITAIRE est né (Lire la rubrique « À propos »). Or, il est évident que nous n’avons pas la prétention de nous considérer comme la seule référence à ce sujet, voici donc une liste des sites et sources d’information les plus pertinentes sur l’actualité humanitaire.

1/ Consultez directement les sites des organisations humanitaires.

Il s’agit en effet de la première source d’information disponible pour comprendre ce que font les professionnels de l’humanitaire. N’hésitez également pas à les suivre sur les réseaux sociaux, car chacune d’entre elles publie très régulièrement du contenu d’information, et cela reste la meilleure façon de suivre au plus près la mise en œuvre de leurs projets.

2/ ReliefWeb.

Depuis 1996, ReliefWeb demeure être une source d’information de référence pour les professionnels de l’humanitaire. Le site regroupe en effet toutes les informations relatives à chacune des crises humanitaires du globe, à l’aide de rapports, de communiqués, de cartes et autres supports. Une page réservée aux offres d’emploi est également disponible.

3/ ACAPS.

ACAPS – pour Assessment Capacities Project en anglais – est spécialisé sur la recherche et l’analyse des données relatives aux crises humanitaires. Des fiches et rapports très précis sur chaque pays sont très régulièrement mis à jour, ce qui fait d’ACAPS une source d’information aussi pertinente que crédible, non seulement pour les professionnels de l’humanitaire mais également pour le public à la recherche d’information à jour.

4/ The New Humanitarian.

The New Humanitarian est la nouvelle version du réseau IRIN News. Il s’agit d’une véritable agence de journalistes spécialisée dans l’information humanitaire. De très nombreux articles couvrant l’ensemble des crises du monde sont quotidiennement publiés. Un seul regret toutefois : IRIN News disposait d’une version française, ce qui n’est plus le cas de The New Humanitarian, exclusivement disponible en anglais.

5/ Echo Solidaire.

Echo Solidaire relaie quotidiennement des articles liés à l’actualité solidaire et humanitaire et se présente également comme un portail communautaire en disposant d’un annuaire des organismes de solidarité internationale francophones. Leur forum « L’Humanitaire Café » est également un endroit privilégié pour échanger avec des personnes impliquées ou tout simplement intéressées par la thématique humanitaire.

6/ L’Humanitaire dans tous ses états.

L’Humanitaire dans tous ses états est un blog animé par la délégation régionale du Comité internationale de la Croix-Rouge (CICR) de Paris. Ses nombreuses publications sous forme d’articles et de vidéos permettent de s’informer en continu sur l’actualité de l’action et droit international humanitaires. Un blog incontournable qui est également à suivre sur Facebook et Twitter.

7/ ONU Info.

Impossible de ne pas mentionner ONU Info, qui représente une riche source d’information vu sous le prisme des agences de Nations Unies. Leurs articles sont par ailleurs intégralement disponibles en français.

8/ Humanitarian Policy Group (HPG).

Le Humanitarian Policy Group est un « think tank » international, animé par le Overseas Development Institute (ODI) qui a vocation à développer des analyses et recommandations sur les questions humanitaire et de développement, en particulier sur les questions de climat, de gouvernance et de lutte contre la pauvreté.

9/ Sans Frontières et Alternatives humanitaires.

Sans Frontières et Alternatives Humanitaires sont deux revues consacrées à l’actualité internationale, et humanitaire plus spécifiquement. Chacune de leurs publications sont régulièrement axées autour d’un thème précis.

10/ Solidaire.

Solidaire est animé par le réseau de formation humanitaire BioForce. Sa véritable force est de veiller à informer et guider au mieux toute personne qui souhaiterait s’engager dans le domaine de la solidarité internationale.

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Vous avez obtenu un poste de stagiaire au sein d’une structure humanitaire en tant qu’assistant.e, bravo ! Mais il est encore trop tôt pour vous reposer sur vos lauriers, car il faut d’ores et déjà envisager sérieusement l’étape suivante : votre premier départ en mission, si possible avec la même structure qui vous a intégré.e pour la réalisation de votre stage. Voici donc quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre coté :

1/ Soyez le.la plus rigoureux.se possible dans l’exécution de vos tâches.

Démarquez-vous des autres stagiaires en étant très soigné.e dans votre communication écrite, dans les corrections de rapports, dans la confection des kits briefings pour les futurs expatrié.e.s… Respectez les deadlines que l’on vous impose. À ce titre, sachez distinguer quelles sont les véritables priorités, afin de vous organiser au mieux et vous assurer de rendre un travail de qualité à temps et dans les meilleures conditions possibles. 

2/ Soyez force de proposition lorsque cela se présente.

Cela vaut pour toute réflexion autour d’une proposition de projet à un bailleur/donneur ou d’une correction de rapport. Sachez aussi rester à l’écoute quand cela est nécessaire, lors des réunions hebdomadaires ou durant les briefings d’un.e futur expatrié.e effectué par votre tuteur.rice de stage. 

3/ Demandez à travailler en quantité comme en diversité. 

Ne rechignez pas à la tâche, même s’il est question de faire le coursier en partant deux fois par semaine dans tel ou tel consulat pour l’obtention des visas des futur.e.s expatrié.e.s. Quant à l’archivage, c’est bien et cela reste une tâche essentielle, mais n’hésitez pas à montrer votre intérêt pour d’autres activités (veille d’actualités, préparation des briefings…).

4/ N’en faites pas trop non plus.

N’oubliez pas que vous n’êtes que stagiaire, vous ne travaillez pas sur des tâches qui relèvent d’une urgence absolue. Donc si vous êtes censé.e quitter votre poste à 17h30, faites-le. 

5/ Si vous êtes submergé.e par le travail qui vous est demandé de réaliser, que vous ne réussirez pas à tenir les deadlines imposées, dites-le. 

Ne sombrez surtout pas dans la panique, le stress ou autre. Faites-en part à votre tuteur.rice de stage qui le comprendra parfaitement et vous aidera à prioriser vos tâches et adaptera les deadlines.

Pourquoi c’est utile : À défaut, il pourra être considéré que vous avez de la peine à communiquer vos difficultés, ce qui peut constituer un frein en vue de votre envoi en mission sur le terrain. Gardez à l’esprit que sur le terrain vous ne serez pas seul.e, que vous ferez partie d’une équipe (qui s’étend du terrain jusqu’au siège en passant par la coordination) et qu’à ce titre il est important – sinon essentiel – de communiquer.


6/ Évitez autant que possible de demander à utiliser vos journées de stage pour finir votre mémoire de fin d’études.

Votre stage est une chose, votre mémoire et le travail qui vous est demandé d’effectuer dessus en est une autre. L’exercice est délicat, non sans difficultés, mais il serait impensable de demander à votre employeur qui vous puissiez consacrer du temps de votre travail pour des raisons extérieures à celui-ci.

7/ Discutez avec le plus de personnes présentes au sein de la structure de votre stage.

Ne sympathisez pas uniquement avec les autres stagiaires. Partez à la rencontre des différents départements (RH, finance, programmes, logistique, communication…) et des personnes qui les composent. Posez-leur des questions (vous devez certainement en avoir au moins un milliard en réserve !) sur leurs expériences terrain. 

Pourquoi c’est utile : Cela vous servira à vous imprégner de leurs conseils tout en commençant déjà de cette manière à tisser votre propre réseau professionnel. Pour ces raisons notamment, n’hésitez pas à participer aux fêtes organisées entre collègues.


8/ Lorsque des événements festifs sont organisés, sachez garder vos limites.

Sans que cela soit explicitement dit, le comportement de stagiaires est également observé durant ces occasions. 

Pourquoi c’est utile : Si vous buvez jusqu’à ne plus tenir debout lors d’une soirée entre collègues, il sera difficile de les convaincre que vous saurez agir plus sérieusement lorsque vous serez en mission. Sur le terrain en effet, et quelque soit votre poste, vous aurez la responsabilité de représenter l’organisation 24/7, même à l’occasion d’une soirée festive.


9/ Si aucun départ en mission ne vous est proposé avant la fin de votre stage, ne paniquez pas. 

Cela peut venir du fait qu’aucun poste correspondant à votre profil de première mission – grants officer, reporting officer, coordination assistant, assistant chef de mission – n’est actuellement disponible. Mon meilleur conseil est que vous proposiez à l’organisation, dans la mesure du possible, de continuer à travailler en son sein à titre bénévole dans l’attente de la libération d’un poste.

Pourquoi c’est utile et déterminant : Rien de tel que de demander à travailler bénévolement – au sein du même département que votre stage ou dans un autre – pour prouver votre motivation, votre appartenance à l’organisation et votre détermination à partir dès que possible sur le terrain. Cela vous permettra également de garder un lien direct et quotidien avec le département des ressources humaines qui sera le premier à vous contacter lorsqu’un poste se libèrera.


10/ N’ayez pas trop d’attente quant au lieu où vous pourrez être envoyé.e pour votre première mission. 

Gardez à l’esprit que vous pourrez être envoyé.e n’importe où, pas uniquement dans l’un des pays du desk géographique auquel vous êtes rattaché. Tout dépend de la disponibilité d’un poste adéquat au profil de première mission. 

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Selon le lieu vers lequel vous comptez passer vos prochaines vacances, il pourrait être tentant de joindre l’utile à l’agréable en essayant d’aider ou d’apporter un petit coup de pouce aux communautés locales. Soyez toutefois extrêmement vigilant lorsqu’il s’agit de réaliser une action solidaire et caritative – certain.e.s seraient tenté de parler, à tort, d’humanitaire – , puisque malgré toute la bonne volonté alimentant ce type de geste, il est également fort probable que cela puisse être inadapté ou complètement nuisible, et par conséquent contre-productif. Voici donc quelques conseils pour vous assurer de ne pas tomber dans ces travers !

1/ Ne ramenez pas de vêtements usés pour les donner sur place.

En effectuant ce geste qui semble de prime abord aussi simple que dénué de toute volonté de nuire, vous impacterez pourtant négativement les communautés locales. En effet, le fait de ramener quelque chose de l’extérieur, alors que cela est déjà commercialisé sur place nuit au marché local. 

À une échelle réduite, il est évidemment difficile d’imaginer qu’effectuer ce genre de don puisse détruire l’économie d’un village. Mais combien d’autres personnes passant leurs vacances dans un pays en développement seraient tentées de faire la même chose ? Multiplié par toute la masse de touristes que cela peut constituer, cela peut dans ce cas impacter très négativement l’économie locale…


L’un des principes cardinaux de l’action humanitaire est de tout faire pour ne pas impacter l’économie locale, et à ce titre, de promouvoir au maximum l’indépendance des communautés – car assistance ne doit évidemment pas rimer avec assistanat. S’il est décidé de distribuer gratuitement quelque chose – après qu’une analyse ait conclu qu’il existait un manque spécifique –, il est primordial d’acquérir cela au niveau local, sinon national.


Si une communauté manque de quelque chose, il est important de garder à l’esprit que dans la majorité des cas, ce n’est pas parce que cette chose n’existe pas au plan local. Au contraire, il est fort probable qu’en réalité la communauté ne dispose tout simplement pas de moyens économiques suffisants pour se procurer ce dont elle a besoin. Il est donc recommandé de se tourner vers les commerçants locaux pour acquérir les objets en question, avant d’effectuer une distribution à destination des personnes dans le besoin. De cette manière, les communautés vulnérables accèdent à ce qui leur manque, et les commerçants bénéficient également positivement de cette intervention. 

L’impact négatif d’une distribution gratuite de vêtements venus de l’étranger est aussi compréhensible en termes de perception. En effet, il suffit de se mettre à la place des commerçants locaux et de se demander si nous accepterions-nous que des centaines (voire des milliers) d’étrangers distribuent dans notre pays gratuitement chaque année des choses manufacturées ailleurs alors que des entreprises de notre propre pays les fabriquent également et tentent de les commercialiser ?

Ainsi pour en revenir à vos vêtements usés, plutôt que de les jeter ou de les ramener avec vous durant vos vacances afin de les donner, remettez-les à la friperie de la Croix-Rouge ou des Emmaüs qui sauront en faire bon usage.

2/ Ne ramenez pas de graines et autres semences agricoles. 

De la même manière que ramener des vêtements usés constitue une très mauvaise idée, il est fortement déconseillé de ramener avec soi des graines et des semences agricoles pour qu’elles soient distribuées gratuitement sur place.

Non seulement cela nuira au commerce local, mais ce que vous ramènerez aura également très peu de chance de pousser correctement dans cet environnement non-européen. En effet, il est très probable que vos graines soient issues de variétés totalement différentes de celles que les gens cultivent sur place. 

3/ Plutôt que de ramener dans vos valises des stylos et autres fournitures scolaires pour les distribuer, fournissez-vous directement sur place. 

Toujours dans l’idée de ne pas perturber l’économie locale en distribuant gratuitement des choses importées d’ailleurs, il fait davantage de sens de vous procurer ces fournitures scolaires dans le village-même où vous comptez les distribuer, sinon dans le centre le plus proche (dans le pire des cas, ces fournitures doivent être acquises dans le pays).

4/ Méfiez-vous des associations qui vous demandent de vous acquitter de frais d’adhésion, tout en vous demandant d’effectuer également un don. 

Beaucoup d’associations locales ne sont en effet que des structures crapuleuses qui profitent de la manne du tourisme en fondant par exemple de faux orphelinats, destinés à capter les fonds des touristes désireux de contribuer à une bonne action durant leur séjour. Si une association vous approche ou si vous souhaitez soutenir l’une d’entre elles, renseignez-vous donc préalablement de la manière la plus exhaustive sur celle-ci afin de vous assurer que votre don bénéficiera bel et bien aux personnes envers qui l’association est censée s’adresser.

5/ Évitez de consacrer une partie de vos vacances à donner des cours (français ou anglais). 

Êtes-vous vous-même professeur ? Si non, est-il autorisé dans votre pays que vous donniez des cours sans avoir de qualification adéquate ? La réponse est très probablement non, alors pourquoi serait-il possible de le faire dans un pays en développement ? D’autant plus que ce genre de pratique s’apparente à du volontourisme, avec tout ce que cela implique en termes de contre-productivité et d’impact négatif pour les communautés locales.

6/ Abstenez-vous de prendre en photo des enfants, et surtout de les partager sur les réseaux sociaux. 

Avant toute chose, il est primordial que vous obteniez le consentement des parents avant de prendre la moindre photo d’enfant. Et quand bien même, évitez à tout prix de partager ces photos sur internet. Dans la situation inverse, accepteriez-vous qu’un touriste étranger prenne en photo vos enfants, votre nièce ou votre petit frère, et que cette photo soit publiée sur un réseau social et dirigée à l’attention d’une communauté que vous ne connaissez pas ?

7/ Sortez des sentiers battus en évitant les grands hôtels « all inclusive ».

Favorisez plutôt les solutions d’accueil et d’hébergement chez l’habitant. De cette manière, vous contribuerez de la manière la plus positive possible à l’économie locale – plutôt que cela profite aux grandes chaines hôtelières qui ne réinvestissent que très peu localement leurs bénéfices –, tout en profitant de votre séjour à l’étranger pour en apprendre davantage sur la vie des communautés.

Alors pour résumer:

  • Ne ramenez rien de votre pays d’origine si le but est de les distribuer gratuitement sur place,
  • Si vous souhaitez effectuer un don à une famille ou une communauté entière, favorisez ce qu’il est d’ores et déjà possible de se procurer sur place,
  • Et gardez à l’esprit que le tourisme est dans tous les cas un facteur de développement en ce qu’il crée des emplois et offre davantage d’opportunités économiques pour les populations locales. À ce titre, il n’est donc fondamentalement pas une nécessité que de se transformer en « humanitaire en sandalettes/claquettes » durant votre séjour.

À bon entendeur, et bonnes vacances ! 🙂

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La recherche d’un stage dans l’humanitaire ou plus largement dans le domaine de la solidarité internationale peut s’avérer être un exercice difficile et même parfois frustrant. Il s’agit pourtant d’une étape essentielle – la première – avant de pouvoir œuvrer en tant que véritable professionnel(le) de l’humanitaire. Afin d’optimiser vos chances de décrocher le stage que vous convoitez, voici quelques conseils essentiels :

1/ Démarquez-vous des autres candidats.

Paris, Aix-en-Provence, Lyon, Lille… Les formations professionnelles spécialisées dans l’action humanitaire et la solidarité internationale se sont multipliées durant ces dernières années. Par conséquent, lorsque vient le moment de la recherche du stage de validation de formation, la concurrence est rude puisque plusieurs centaines d’étudiants recherchent au même moment ou presque la même chose. Les offres de stage dans ce domaine sont d’ailleurs relativement rares, c’est pourquoi il est important de ne pas s’y prendre en retard (débutez vos recherches deux à trois mois avant la fin de votre formation).

Il faut aussi savoir se démarquer, notamment au travers de votre lettre de motivation et de votre CV, en les rédigeant de la manière la plus claire possible. Ne vous attardez pas sur vos expériences qui ne revêtent aucun intérêt pour le poste de stagiaire et mettez surtout en avant les connaissances acquises durant votre/vos formation/s ainsi que vos expériences associatives.

2/ Concentrez vos recherches à la source des publications d’offres.

Effectuez vos recherches de stage à la source même de leur publication, c’est-à-dire directement sur les pages de recrutement des organisations humanitaires et de solidarité internationale. Certaines offres de stage passent en effet à la trappe des sites regroupant les offres d’emploi (ReliefWeb, Coordination Sud…) et ne sont visibles que sur les sites internet respectifs de ces organisations. Consultez également les pages Facebook des organisations qui suscitent votre intérêt, il n’est en effet pas rare qu’elles publient des offres de stage par ce moyen.

 3/ Sachez ce que vous voulez faire.

Quel est le poste que vous visez à court terme ? À plus long terme ? Dans quel domaine de la solidarité internationale souhaitez-vous travailler ? Vous devez en effet avoir un projet professionnel clair et déterminé, c’est essentiel sinon primordial. En d’autres termes, il est important que vous sachiez si vous voulez travailler dans le domaine de la logistique, de l’admin, des programmes, de la communication, etc… Si vous envisagez de travailler plutôt au siège de l’organisation ou sur le terrain.

Il s’agit d’un élément d’autant plus important si vous êtes issu(e) d’une formation considérée comme « généraliste ». Les recruteurs dans les organisations humanitaires et de solidarité internationale ont en effet tendance à favoriser les profils plus techniques, c’est pourquoi il est important pour les profils généralistes de se présenter avec un projet professionnel bien déterminé et un intérêt encore plus marqué que les profils techniques. 

C’est véritablement un point sur lequel il ne faut pas transiger. Vous n’aurez que très peu de chance d’obtenir un stage ou au mieux un stage pertinent si votre objectif est de trouver un stage « à tout prix » pour valider votre formation ou éventuellement en savoir globalement plus sur le monde de la solidarité internationale. Avoir un projet professionnel déterminé et bien choisir son stage maximise ainsi vos chances de trouver un véritable premier emploi dans la solidarité internationale et l’humanitaire. 

4/ Soyez incollables sur les concepts techniques de base de l’humanitaire.

C’est inévitable, vous devez parfaitement maitriser le concept du cycle du projet et du cadre logique. Révisez et améliorez également au mieux vos connaissances relatives aux bailleurs et donneurs de l’humanitaire, et sachez les distinguer, notamment au regard de leurs stratégies de financement.

5/ Mettez en avant votre motivation à travailler dans ce domaine.

À vous d’expliquer au mieux votre motivation, non seulement à travailler dans ce domaine particulier, mais également dans l’organisation auprès de laquelle vous avez postulé pour un poste de stagiaire. Il est donc important de se renseigner au mieux sur le mandat de l’organisation, son histoire et sa philosophie générale avant de postuler.

Au moment de l’entretien, vous devrez également être en mesure d’expliquer votre intérêt pour ce stage en particulier, ainsi que les attentes que celui-ci suscite (qu’espérez-vous que ce stage vous apporte ?).

6/ Démontrez l’adéquation de votre candidature avec les prérequis pour travailler dans ce domaine.

Il est évident que votre profil doit être cohérent avec le poste de stagiaire que vous convoitez. Si c’est bien le cas, vous devez donc être en mesure de présenter l’adéquation de votre profil avec le poste en expliquant par exemple vos choix de formation ou vos précédents stages. Mettez également en avant votre expérience bénévole et associative qui peut devenir un véritable atout face à d’autres candidats sans expérience dans ce domaine.

7/ Étudiez les contextes humanitaires et géopolitiques, en particulier si vous postulez à un département géographique.

Il est possible que vous souhaitiez postuler à un poste de stagiaire rattaché à un « département géographique ». Dans ce cas, il est essentiel de posséder un minimum de connaissances relatives au contexte et aux enjeux humanitaires des pays concernés. Le site ACAPS est une véritable mine d’or d’informations pour quiconque souhaite en savoir plus sur ces questions. Consultez également les pages consacrées aux missions en question sur le site internet de l’organisation.

8/ Analysez bien l’offre de stage et les taches qui sont indiquées.

Que ce soit lors de la rédaction de votre lettre de motivation ou durant votre entretien, il est important de bien comprendre et de mentionner les taches indiquées dans la fiche de poste qui vous interpellent particulièrement. Il s’agit peut-être de l’écriture de rapports (étape essentielle dans tout projet, de manière interne au sein de l’organisation, ou à visée externe pour les bailleurs/donneurs), de participer à la coordination siège/terrain, la communication, etc…

9/ Travaillez votre anglais.

Durant votre entretien de recrutement, vous devrez inévitablement vous illustrer en anglais. La meilleure manière de s’y préparer est de se tenir prêt(e ) à répondre en anglais à n’importe quelle question que les recruteurs seraient amenés à vous poser. Il est également fort probable qu’un exercice de rédaction en anglais soit à réaliser, car le stagiaire est amené à utiliser l’anglais davantage à l’écrit qu’à l’oral.

10/ Soignez votre présentation écrite.

Enfin et surtout, soyez au maximum vigilant(e ) quant aux fautes de frappe qui pourraient se trouver sur votre lettre de motivation ou votre CV. Tout stagiaire est en effet amené à travailler en grande partie sur l’écriture de rapports ou de compte-rendus de réunion. La qualité d’écriture des candidat(e )s est donc un critère déterminant en termes de sélection ! À ce titre, il peut également s’avérer payant de joindre un mémoire ou un rapport déjà rédigé par vos soins afin de mettre en avant vos qualités rédactionnelles.

Last but not least :

Si vous êtes titulaire d’un diplôme M1, et que vous vous interrogez sur l’opportunité et l’utilité réelle d’avoir un M2 pour postuler à une offre de stage, voici un dernier conseil : Accédez sans hésitation à une formation de niveau Master 2 en lien avec l’action humanitaire et la solidarité internationale. Et cela pour trois raisons précises :

1/ Des personnes qui sont sur le point de finir leur M2 de professionnalisation humanitaire vont, comme vous, postuler à ce poste de stagiaire, mais auront plus de chance d’obtenir un entretien qu’une personne en M1 seulement. La raison est simple : ces personnes auront bénéficié d’enseignements en relation avec les tâches qu’elles seront amenées à réaliser dans le cadre de leur stage. Gardez à l’esprit que les recruteurs en France accordent une grande importance à vos diplômes ainsi qu’à leurs intitulés et bien entendu leur contenu. Sans diplôme en lien direct avec la thématique humanitaire, il sera difficile de convaincre un recruteur qui recevra votre candidature.

2/ Vous ne regretterez pas de faire de poursuivre votre parcours étudiant une année de plus pour obtenir un diplôme M2. Vous aurez en effet l’opportunité d’aborder beaucoup de thématiques, de découvrir et apprendre à utiliser des outils essentiels à la profession. Et vous adorerez ça !

3/ Au-delà de la question du stage, vous vous exposerez au risque de vous confronter à davantage de difficultés lorsqu’il s’agira de faire valoir votre profil au moment de postuler à votre premier poste. Là aussi, beaucoup se joue, en premier lieu, sur votre diplôme de M2. Voyez un peu cela comme votre ADN, ce qui vous définit en premier lieu.

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Suite à mon interminable galère pour pouvoir obtenir un stage dans une organisation humanitaire (Tribulations humanitaires #1 – La recherche de stage), les choses sont rentrées dans l’ordre. J’ai alors pu mettre en œuvre toute ma motivation et ma soif d’apprendre au service de mes collègues, mais je n’étais pas encore au bout de mes surprises.

Dès le premier jour, tout semblait bien parti : bienvenue, rencontre et présentation des différents départements, briefings introductifs…


Puis bien vite sont arrivées les tâches sur lesquelles je devais principalement m’activer.


Enfin, au départ ça se résumait surtout à une seule chose : l’archivage. Et on m’a bien fait comprendre que c’était quelque chose de tout à fait normal pour un stagiaire.


Bon, j’exagère. Il y avait aussi les photocopies, les signatures de documents, les corrections orthographiques des rapports. Bref, j’ai commencé à me questionner sur la plus-value de ma présence.


C’était d’ailleurs sans compter sur la blague fétiche d’un de mes collègues – qui était également mon supérieur direct –, qu’il adorait me sortir plusieurs fois par jour avant de répondre à mes questions.


Ce même collègue m’a d’ailleurs un jour expliqué sa théorie du darwinisme en entreprise, en faisant explicitement référence aux stagiaires…


Malgré mes pérégrinations en tant que stagiaire, mes déboires n’étaient pas pour autant terminés. Il fallait aussi que je trouve un logement… À Paris. Pour une durée à peine inférieure à six mois. Et en toute honnêteté, jamais je n’aurais pensé que ce serait aussi difficile que de trouver un stage.


Après deux mois de stage, je pouvais au moins me réjouir d’être devenu un as dans la maitrise de Word et Excel…


Enfin ça, c’était lorsque l’ordinateur sur lequel il m’était demandé de travailler, le seul du siège encore équipé de Windows XP, n’était tout simplement pas en train de planter de manière intempestive.


La lecture et la consolidation de rapports m’amenaient également à découvrir chaque jour de nouveaux acronymes humanitario-onusien impossible à comprendre.


Parallèlement, ma formation n’étaient pas pour autant terminée, et il ne me restait plus qu’un mois et demi avant la date limite de rendu de mon mémoire. Tout ce que j’avais à ce stade, c’était le titre du sujet et une ébauche de plan…


Un jour, j’ai eu la chance de pouvoir participer à un exercice de simulation d’élaboration de projet avec de futurs travailleurs expatriés. D’abord honoré, j’ai ensuite été effaré de les entendre commencer par la définition des objectifs généraux/spécifique du projet avant même d’évoquer l’évaluation des besoins.


À mi-parcours du stage est venu le moment d’établir un point d’étape avec un responsable RH. En évoquant les possibilités de départ sur le terrain, j’ai cru à une blague lorsqu’il m’a dit en me regardant droit dans les yeux qu’il était possible d’indiquer ses préférences géographiques à condition que ce ne soit pas justifié par l’envie de passer quelques vacances. Mais non, il était sérieux.


Par moment, j’arrivais à avoir des nouvelles de mes camarades de formation, maintenant répartis aux quatre coins du monde. En écoutant certains d’entre eux, j’étais finalement ravi des taches que je devais réaliser dans le cadre de mon stage.


Et puis petit à petit, j’ai pu me rendre compte que j’étais de plus en plus intégré aux processus de réflexion des projets au niveau du siège mais aussi aux blagues échangées entre collègues.


Pour autant, ma condition de stagiaire ne m’avait pas quitté et il m’arrivait encore d’être à l’origine de bourdes dans des moments inopportuns.


La fin du stage approchant, ma tutrice m’a annoncé avoir non seulement validé mais aussi appuyé mon souhait d’être affecté à un poste terrain adapté à mon profil et dans une zone géographique que j’avais suggérée.


Finalement, mon stage a pris fin sans que l’on me propose quoi que ce soit…


Il fallait en réalité rester seulement un petit peu patient, puisque quelques jours plus tard, l’organisation m’a recontacté pour me proposer une affectation sur le terrain.


S’il est vrai qu’un tel stage peut se révéler par moment être une étape frustrante, cela reste avant tout un moment privilégié pour comprendre les mécanismes de coordination des projets humanitaires depuis le siège d’une organisation. Il s’agit aussi d’une occasion unique de mettre en oeuvre progressivement les connaissances acquises durant sa formation, mais aussi de commencer à tisser son propre réseau professionnel.

Le meilleur conseil qu’il serait possible de donner pour tout stagiaire dans ce domaine est de ne pas seulement compter sur vos connaissances toutes fraiches, mais de voir cette étape comme une continuité de votre formation et de vous imprégner autant que possible des expériences et des conseils de chacun de vos collègues. Lisez, écoutez, posez des questions et n’ayez pas peur de vous impliquer dans les travaux et réflexions de l’équipe dont vous faites partie. Si tout se passe bien, il y a de fortes chances que ce soit votre tour de partir en première mission !

Bientôt la suite: Tribulations humanitaires #3 – La première mission.

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