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Réflexion humanitaire

Il y a tout juste deux ans jour pour jour débutait l’une des crises humanitaires majeures de notre siècle : Près d’un million de Rohingyas prennent la fuite depuis leur pays – le Myanmar – pour se réfugier de l’autre coté de la frontière, au Bangladesh. Aujourd’hui, que reste-il de cette crise ? Quelle est la situation pour les Rohingyas réfugiés au Bangladesh ? Et qu’en est-il pour les dizaines de milliers de Rohingyas restés au Myanmar ?

Au commencement, il y avait la haine intercommunautaire.

Crédit: Kofi Annan Foundation

Commençons tout d’abord par nous remémorer ce qu’il s’est passé, et pourquoi nous en sommes là aujourd’hui. Le 24 août 2017, la Commission consultative sur l’État Rakhine présidée par le regretté Kofi Annan rend son rapport. Au travers de ce rapport, l’idée est de proposer des idées et des axes de réformes afin de calmer les violences meurtrières qui opposent les musulmans et les bouddhistes de la région. Depuis 2016, un regain de violence dans la région fait craindre le pire.

En effet, du coté Rohingya, des groupuscules armés plus ou moins organisés décident d’attaquer des postes-frontières tenus par des policiers birmans, lesquels sont considérés comme une extension du gouvernement répressif qui leur refuse tout droit. Pour dire les choses clairement, la minorité Rohingya au Myanmar ne dispose d’aucun droit. Ils n’ont pas la nationalité birmane (ni aucune autre), même s’ils sont nés au Myanmar, leur liberté de mouvement est très restreinte voire tout simplement inexistante, et leurs conditions de vie atteignent un niveau d’indignité difficile à imaginer.

Mais face à cette rébellion, le gouvernement birman, plutôt que de se remettre en question ou d’amorcer un processus de discussions pour désamorcer ces violences, ne fait pas d’autre choix que de répondre de la manière la plus forte possible: des villages entiers sont rasés et/ou brûlés et déjà, des dizaines de milliers de personnes fuient vers le Bangladesh.

C’est dans ce contexte très tendu que la Commission consultative sur l’État Rakhine est créée, laquelle publiera son rapport après un an de réflexions et de discussions. Dans les grandes lignes, cette Commission insiste sur la nécessité de réaliser des réformes sur les questions liées à l’identité et à la citoyenneté, ainsi que sur la liberté de mouvement pour toutes les personnes dans l’État du Rakhine, faisant ainsi implicitement allusion à la situation qui affecte les Rohingyas.

Crédit: REUTERS/Damir Sagolij

Coïncidence ou pas, un groupe armé de défense des droits des Rohingyas – ARSA, pour Arakan Rohingya Salvation Army ou Armée du Salut des Rohingyas de l’Arakan – a la malencontreuse idée d’attaquer plusieurs postes-frontières le même jour que celui de la publication du rapport de la Commission consultative sur l’État Rakhine. Le bilan de ces attaques est terrible, puisque plusieurs dizaines de personnes y trouveront la mort, de tous les cotés : des rohingyas armés, des policiers, des civils… La réaction du gouvernement et de l’armée du Myanmar – que l’on désigne localement sous le nom de « tatmadaw » – est d’autant plus terrible puisque plusieurs centaines de milliers de personnes fuient d’urgence le nord de l’État du Rakhine pour aller se réfugier au Bangladesh, dans le district de Cox’s Bazar.

Durant plusieurs semaines, l’armée birmane se livre à de telles atrocités – on parle de villages incendiés, récoltes détruites, mais aussi des exécutions arbitraires et des viols – que les Nations Unies n’hésitent par à désigner ces terribles exactions « d’exemple classique de nettoyage ethnique ». Le terme est glaçant, mais on cherche alors à faire réagir, à avertir une nouvelle fois le monde sur la survenance imminente d’une catastrophe humaine majeure. Les gens fuient, mais pour le gouvernement birman cela ne suffit pas. Il annonce en effet dans le sillage de ses opérations militaires reprendre le contrôle de toutes les terres ayant précédemment appartenu aux personnes qui ont fui vers le Bangladesh. Et comme les villages dépeuplés de leur population sont systématiquement brûlés, la loi birmane confirme la légalité de la décision du gouvernement.

En effet, une loi birmane – la Natural disaster management law et les Disaster management rules – dispose que toute terre qui fait l’objet d’une catastrophe naturelle ou d’origine anthropique tels que les incendies est automatiquement transférée au gouvernement. De là à dire que le gouvernement n’est animé d’aucune volonté pour encourager le retour des Rohingya, il n’y a qu’un pas. D’ailleurs, il y a près de deux ans, j’avais déjà écrit un billet à ce sujet, qui est toujours parfaitement d’actualité aujourd’hui.

Rajoutons également qu’au Myanmar, toute personne qui réclame un droit d’usage sur une terre doit en premier lieu prouver sa nationalité birmane, ce qui est donc littéralement impossible pour tout Rohingya. Eux qui ont été poussés à fuir et qui ne disposaient déjà d’aucun droit, se retrouve dès lors sur une terre qui n’est vraiment pas la leur, dans un pays qui ne l’est pas non plus : le Bangladesh. En août-septembre 2017, la saison des pluies n’est pas encore totalement terminée et déjà les conditions de vie sont à la limite de l’imaginable, le niveau d’hygiène régnant dans ces camps de réfugiés étant proche de zéro.

Deux ans plus tard, rien n’a changé.

Aujourd’hui, deux ans après le déplacement de ce quasi-million de personnes, qu’en est-il ? D’un point de vue humanitaire, c’est peu ou prou la même chose. Il faut comprendre par là que malgré les énormes efforts entrepris par les organisations humanitaires, les conditions de vie de ces réfugiés côtoient toujours des niveaux d’indignités inconcevables. Du coté politique, les gouvernements birman et bangladais vont tantôt accuser l’autre de mauvaise volonté au sujet du rapatriement des réfugiés Rohingya, tantôt essayer de calmer les foudres de la communauté internationale en prétendant travailler sur la résolution de la crise.

C’est sur cette seconde tendance que les gouvernements birman et bangladais s’accordent en ce moment. En effet, ils ont annoncé il y a quelques jours que le rapatriement d’environ 3500 réfugiés Rohingya sera prochainement organisé. Mais rien n’est encore joué. En effet, le Myanmar accuse une nouvelle fois le gouvernement bangladais de ne pas faciliter leur retour. De leur coté, les Rohingya clament haut et fort qu’ils refuseront de partir tant que des garanties de sécurité (notamment) ne leurs seront pas accordées.

Crédit: Maaz Hussain-VOA

Il faut savoir que la communauté humanitaire, les Nations Unies en tête, s’opposent également à un tel rapatriement. La raison est toute simple : les conditions assurant un retour sécurisé, volontaire et respectant la dignité des personnes concernées ne sont pas réunies. La communauté humanitaire s’appuie aussi sur ce que l’on appelle les « Principes Pinheiro », qui portent sur la restitution des logements et des biens dans le cadre du retour des réfugiés et autres personnes déplacées. Et la proposition de retour telle qu’annoncée par le gouvernement birman ne prend nullement en compte ces principes.

Et puis encore aujourd’hui, une grande insécurité demeure dans l’État du Rakhine. En premier lieu parce qu’un violent conflit armé s’y déroule, opposant l’armée birmane à un groupe rebelle bouddhiste revendiquant l’indépendance du Rakhine. Depuis janvier 2019 ce conflit n’a fait que de se durcir, provoquant à plusieurs reprises de nouveaux déplacements de population. Et puis quand bien même ces hostilités cesseraient, l’État du Rakhine reste profondément marqué par une franche hostilité de la population bouddhiste à l’égard les musulmans. Et en ce sens, il serait irresponsable de rapatrier ces personnes sans qu’une véritable politique d’apaisement intercommunautaire soit mise en œuvre, puisque cela consisterait à créer une nouvelle bombe à retardement.

Et pour les Rohingyas toujours présents au Myanmar ?

Ce que l’on ne mentionne que très peu également, c’est qu’il reste toujours des Rohingyas au Myanmar. Soit qui n’ont pas voulu fuir, soit qui n’en ont pas eu l’occasion par peur de risquer leur vie et celles de leur famille. Aujourd’hui on affirme ainsi que 128 000 Rohingya se trouvent toujours dans l’État du Rakhine. Mais étant donné que personne ne parle d’eux, qu’en est-il ? Dans quelles conditions vivent-il ? Est-ce que leurs droits sont respectés ? La réponse est NON.

En effet, plusieurs villages mais aussi beaucoup de camps de déplacés internes demeurent constitués de Rohingya. Mais comme avant la crise de 2017, ceux-ci sont placés sous un véritable régime d’apartheid. Comprenez par là que les Rohingya toujours présents au Myanmar n’ont pas le droit de quitter leur village, qu’il s’agisse de voyager mais également de pêcher ou de cultiver des terres. Ils ne disposent évidemment pas non plus de la nationalité birmane (ni aucune autre), ne sont pas inclus dans les discussions politiques régionale ou nationale. Tous vivent donc reclus dans la misère, en survivant tant bien que mal grâce à l’assistance procurée par les organisations humanitaires présentes sur place.

Mais pires sont les conditions des personnes qui vivent dans des camps, car bien souvent, lorsqu’une communauté fuit son lieu de vie d’origine, choisir un endroit permettant de recommencer une vie normale est un luxe qui n’arrive jamais. Les gens fuient et s’installent là où ils le peuvent, à l’abri (au minimum) des hostilités dont ils font l’objet. Par conséquent, ces camps ne sont pas du tout adaptés à l’installation d’une communauté. Dans beaucoup d’endroits par exemple, des communautés de personnes se sont réinstallées dans des champs initialement utilisés pour la culture du riz. Des rizières donc, qui la moitié de l’année sont inondées.

Il se trouve que je travaille actuellement pour un projet d’assistance et de protection pour plusieurs communautés Rohingyas restées au Myanmar. Et ce que je suis régulièrement amené à voir dépasse de loin ce que j’ai initialement imaginé. Par souci de confidentialité envers l’organisation pour laquelle je travaille et pour des questions de sécurité, je tairai le nom des camps et villages Rohingyas dans lesquels je travaille quotidiennement. Les photos qui suivent ne comportent également aucun visage, par souci d’anonymat.

Les conditions de vie des personnes qui se trouvent dans ces camps sont difficiles à concevoir. Tout est inondé en permanence, l’odeur est insupportable, les maisons sont faites de bric et de broc. Ces gens ne peuvent pas sortir du camp, ni pour aller travailler ni pour aller pêcher ou cultiver. Le peu d’espace dont ils disposent à coté de leur maison pour cultiver quelque chose se réduit tout juste à l’espace qu’occupe le bureau sur lequel est posé votre ordinateur (1 mètre x 1,5 mètres). La terre, très argileuse, est de toute façon trop salée pour y faire réellement pousser quelque chose. Toutes ces personnes sont donc absolument dépendantes de l’assistance humanitaire. Leur dignité est ainsi réduite à zéro.

Et ensuite ?

À la question « que faut-il faire pour résoudre cette crise ? », il n’est pas aisé de trouver une réponse. En premier lieu, il convient d’insister de toutes nos forces pour que les droits de cette minorité soient enfin reconnus. Cela ne peut toutefois pas se faire sans qu’un véritable travail d’apaisement intercommunautaire soit réalisé. Il faudra assurément plusieurs années pour qu’un tel résultat soit atteint, peut-être même une génération entière, mais ce travail doit être entrepris dès maintenant.

Cela fera peut-être aussi grincer des dents, mais j’assume complètement cette opinion qui n’est que la mienne : Peut-être faudrait-il que les organisations humanitaires envisagent sérieusement de progressivement cesser leurs activités dans le Rakhine. En effet, ce n’est pas en mettant en œuvre des activités d’assistance et de protection, que le gouvernement birman a l’obligation de réaliser lui-même à l’égard de toute sa population, que nous parviendrons à résoudre cette crise. Gardons à l’esprit que ce sont en effet les États qui ont la responsabilité première de mettre en œuvre des opérations de secours et d’assistance envers leurs populations vulnérables. Autrement dit, c’est donc au Myanmar d’agir en premier lieu pour apporter protection et assistance à ses ressortissants Rohingyas, ainsi qu’à tous les autres. Entendons-nous bien, l’idée ne serait pas d’abandonner sciemment les communautés Rohingyas, mais de pousser le gouvernement birman à assumer pleinement ses responsabilités. Et alors seulement après avoir atteint cet objectif, les organisations humanitaires viendraient en renfort, pour renforcer le premier niveau d’assistance apporté par le gouvernement birman.

À défaut, si les organisations humanitaires continuent d’apporter une telle assistance sans cligner des yeux, sans remettre en question la pertinence de leurs projets (en termes d’impacts bénéfiques et durables) ni dénoncer avec force les exactions dont elles sont témoins, cela revient tout simplement à jouer le jeu du gouvernement birman, et n’être au final que des « fournisseurs de services ». Alors certes, cela demande du courage, puisque critiquer de la sorte un gouvernement équivaut à s’exposer ouvertement au risque de se faire expulser du pays. Mais que voulons-nous vraiment ? Voulons-nous continuer à apporter assistance sans se remettre en question, quitte à ravaler amèrement nos principes humanitaires qui plaident pour une assistance de qualité, durable et qui ne nuit pas aux populations concernées ? Ou souhaitons nous affirmer haut et fort que le respect de la dignité humaine ne se négocie pas ? Préférons-nous défendre la dignité de toutes ces personnes, quitte à devenir nous-mêmes persona non grata, ou continuerons-nous à jouer les marionnettes muettes d’un gouvernement, au prix de la dignité des plus vulnérables – et de la notre ?

L’histoire du mouvement humanitaire comporte déjà son lot d’organisations ayant refusé de jouer implicitement le jeu des gouvernements. Avec succès. Qu’attendons-nous pour réitérer cela, au nom des droits et du respect de la dignité de la communauté Rohingya ?

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Depuis le 25 août dernier, l’attention de la communauté internationale s’est – en partie – tournée sur le Myanmar, et plus exactement sur la situation qui a poussé des centaines de milliers de personnes à fuir l’État du Rakhine vers le Bangladesh voisin. Suite à l’attaque coordonnée de plusieurs postes-frontières par des membres de l’Armée du Salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA) coutant la vie à douze policiers et à la répression consécutive des Tatmadaw, 607 000 personnes ont fui l’État du Rakhine entre le 25 août et le 5 novembre 2017 pour se réfugier au Bangladesh. Cet afflux de personnes s’est ajouté aux 212 000 réfugiés Rohingyas qui avaient déjà fui le Myanmar avant le 25 août 2017, poussant le total de birmans réfugiés au Bangladesh au nombre de 800 000.

Comme toute autre crise humanitaire impliquant le déplacement contraint ou forcé de personnes, cette situation ne doit pas être considérée comme irrémédiable, puisqu’au contraire, la possibilité d’un retour de ces personnes sur leur terre d’origine doit être envisagée si les conditions le permettent. Ce droit au retour et à la restitution des propriétés des déplacés est d’ailleurs contenu dans les Principes concernant la restitution des logements et des biens dans le cas des réfugiés et des personnes déplacées, également connus sous la désignation de Principes Pinheiro, du nom du rapporteur spécial à l’origine d’un rapport ayant formulés ces-dits principes. Il est ainsi proclamé que « Tous les réfugiés et personnes déplacées ont le droit de se voir restituer tout logement, terre et/ou bien dont ils ont été privés arbitrairement ou illégalement, ou de recevoir une compensation pour tout logement, terre et/ou bien qu’il est matériellement impossible de leur restituer, comme établi par un tribunal indépendant et impartial ».

À cet effet, le gouvernement birman a exprimé des propos encourageants en faveur du retour de ces réfugiés. Pourtant, il demeure légitime de douter, au-delà des conditions de faisabilité de ce retour, de la sincérité des officiels birmans. Pire, une accumulation de faits troublants laissent même soupçonner le gouvernement birman d’orchestrer, une manœuvre de réappropriation pour ne pas dire d’accaparement des terres occupées par les membres de l’ethnie Rohingyas, sous couvert d’opérations militaires visant à débusquer les membres de l’ARSA . Une interview menée récemment sur France Culture avait d’ailleurs pointé du doigt cette possibilité, sans pour autant véritablement approfondir la question.

En premier lieu, ces doutes trouvent leur fondement dans l’état actuel du droit birman. En effet, les individus Rohingyas se voient systématiquement refuser la nationalité birmane depuis plusieurs décennies. Depuis l’adoption de la loi sur la citoyenneté de 1982, l’ethnie des Rohingyas n’est non seulement plus reconnue comme étant partie intégrante des 135 autres ethnies composant la société birmane, mais ces personnes se sont également vues retirer leur citoyenneté, de sorte que depuis cette date les Rohingyas sont de véritables apatrides. Il faut ajouter à cela qu’en raison des conséquences du conflit qui perdure depuis plusieurs dizaines d’années et des déplacements contraints à répétition, nombre de Rohingyas ne disposent plus des documents permettant de prouver la présence de leur famille au Myanmar avant l’indépendance de 1948, conformément à ce qu’indique la loi sur la citoyenneté de 1982.

Là où les choses se compliquent spécialement au regard d’un éventuel retour de ces personnes sur leur terre, c’est que la loi birmane indique qu’il est nécessaire de justifier son identité et notamment sa nationalité birmane pour réclamer un droit d’usage sur une terre. Par ailleurs, Aung Saan Suu Kyi a également tenu à préciser que les réfugiés Rohingyas pouvant prouver leur résidence au Myanmar (comprendre par-là qu’il leur faudra prouver que leur famille résidait déjà sur le sol birman avant l’indépendance de 1948) verront leur droit au retour garanti. Mais comment un individu Rohingya pourrait-il se voir restituer sa terre s’il n’a jusqu’à présent jamais été considéré comme un citoyen birman ni jamais disposé de papiers d’identité et de titres de propriété à cause de cela ?

Vous la voyez l’absurdité de la chose ?

D’autre part, des doutes demeurent quant à l’opportunité que représente pour le Gouvernement cette région vidée de la majorité de ses habitants non-bouddhistes. Les craintes sont d’autant plus grandes que plusieurs villages ont été répertoriés comme ayant été mis à feu selon la technique militaire – bien qu’interdite par le droit international humanitaire – de la terre brûlée (Lire à ce propos Le cercle vicieux de la faim (2): Un instrument de contrôle). Suite à cela, le Gouvernement birman a annoncé prendre le contrôle des terres et des villages ayant été brulé durant les affrontements , en affirmant vouloir redévelopper ces zones et s’appuyer à cet égard sur la « Natural Disaster Management Law » et les « Disaster Management Rules », lesquelles prévoient que la gestion des terres soient automatiquement transférées au gouvernement en cas de catastrophe naturelle ou d’origine anthropique tels que…les incendies.

Il convient aussi de relever que les rizières cultivées par les personnes ayant fui ces violences ont fait l’objet de récoltes par le gouvernement. Si laisser ces cultures telle quelles aurait évidemment été scandaleux dans un pays où un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté et neuf millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire, des questions se posent toutefois lorsque le gouvernement indique que les quantités récoltées seront revendue et les recettes obtenues transférées au profit du budget national.

Faut le reconnaitre, rien ne leur fait peur…

DES ENJEUX ÉCONOMIQUES QUI DONNENT UN AUTRE REGARD SUR LA CRISE.

Les doutes sont d’autant plus présents que, au plus fort de la crise, le Ministre régional pour l’État du Rakhine a annoncé la création d’une zone économique autour de Maungdaw, où nombre de villages volontairement mis à feu ont été répertoriés, notamment à l’aide d’images satellites. Bien que cela ne soit pas désigné en tant que tel dans le cas de Maungdaw, les zones économiques spéciales du Myanmar ont pour particularité d’autoriser les entreprises étrangères à louer des surfaces de terre pour une durée de cinquante ans avec un renouvellement possible de vingt-cinq années supplémentaires. Sous l’impulsion de la « Investment Law » adoptée en 2016, trois régions ont été placées sous ce statut, dont Kyaukphyu dans l’État du Rakhine.

Source: AFP

Kyaukphyu et sa zone économique spéciale représentent un intérêt d’autant plus stratégique que s’est achevée en 2014 la construction d’un oléoduc et d’un gazoduc reliant les sites d’extraction au large du Rakhine vers les provinces de Yunman et Guizhou en Chine. Longs de 2 000 kilomètres, ces ouvrages réalisés par la Chine passent spécifiquement par la ville de Kyaukphyu, laquelle se situe à seulement 120 kilomètres environ de Maungdaw, où le plus fort des exactions a eu lieu dernièrement. S’agit-il simplement d’une embarrassante coïncidence, ou est-il bien question d’une volonté de la part du gouvernement de sécuriser la région contre tout risque d’instabilité en procédant purement et simplement à un déplacement forcé des communautés – en l’occurrence la minorité ethnique non-bouddhiste – résidant dans cette zone ? Le soutien diplomatique de la Chine envers le Myanmar sur cette question laissera à chacun se faire son propre avis.

Source: Shwe Gas Movement

Il convient par ailleurs de rappeler la manière avec laquelle Min Aung Hlaing – l’actuel chef des forces armées birmanes – a délogé en 2009 et en l’espace de trois jours le groupe armé contrôlant la région du Kokang, au Nord de l’État de Shan, laquelle se trouve sur l’un des corridors de la Nouvelle Route de la Soie promue par la Chine. Si l’initiative des Tatmadaw a bien permis de repousser la Myanmar National Democratic Alliance Army (MNDAA), la violence des hostilités a également poussé 30 000 personnes à fuir la région pour se réfugier en Chine. Fait intéressant et pas des moindres, bien qu’intégrés dans la liste officielle des 135 ethnies du pays, les Kokang ne disposent pas de la nationalité birmane, car considérés comme des immigrants chinois. Cet événement et le contexte dans lequel il s’est inscrit rappelle ainsi de manière assez troublante la façon dont les faits se sont déroulés dernièrement dans l’État du Rakhine.

DE L’INCROYABLE MAUVAISE FOI DES AUTORITÉS BIRMANES SUR LA GESTION DE LA CRISE.

De plus, on ne s’étonnera pas de voir l’armée birmane s’exonérer de toute exaction commise dans la région de Maungtaw dans l’État du Rakhine ces dernières semaines. Sur la base de témoignages recueillis par l’armée elle-même auprès d’habitants dans la région, il est ainsi affirmé que l’armée birmane s’est conformément tenue aux ordres qui lui avaient été donnés, et qu’à ce titre aucune exaction de type arrestations de villageois, exécutions extra-judiciaires, violences sexuelles ou mise à feu de villages entiers n’a été commise, soit l’exact contraire des informations récoltées par les Nations Unies, lesquelles ont dénoncé un « exemple classique de nettoyage ethnique ».

Enfin, il convient de citer la querelle naissante entre les autorités du Bangladesh d’une part, et celles du Myanmar d’autre part, au sujet du rapatriement des réfugiés Rohingyas (Lire à ce propos Les 5 plus grandes crises humanitaires en 2019). Si les autorités birmanes ont bien fait savoir leur volonté de faire démarrer ce processus dès que possible, elles accusent toutefois le Bangladesh de prendre du retard au motif selon lequel ce dernier chercherait à capter autant que possible les fonds d’aide humanitaire promis par la communauté internationale. De son côté, le Bangladesh accuse le Myanmar de ne pas avoir inclus les recommandations formulées par la Commission sur l’État du Rakhine présidée par Kofi Annan. En résumé, non seulement les autorités birmanes s’exonèrent d’être à l’origine – via son armée – de l’exode forcée de centaines de milliers de personnes, mais celles-ci refusent également de se voir attribuer tout part de responsabilité dans la difficulté de trouver un accord en vue du rapatriement des personnes déplacées vers le Bangladesh.

En termes de bonne foi, il faut avouer que l’on a déjà vu plus crédible. Ainsi mis bout à bout, ces éléments soulignent de manière assez funeste la nature des choix des autorités birmanes dans le déroulement de cette crise, et ne laissent aucun doute quant à la faible probabilité d’un retour effectif et sécurisé des Rohingyas vers l’État du Rakhine.

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S’il est une catégorie de jeux-vidéo dont le succès actuellement ne se dément pas, il s’agit bien des simulations de guerre. Vendus à plusieurs millions d’exemplaires chaque année, rapportant jusqu’à plusieurs millions de dollars (voire le milliard !), ces jeux se vantent de pousser le réalisme des conflits armés jusque dans ses derniers retranchements à défaut de proposer un scénario digne de ce nom.

Souci du réalisme oblige, ces jeux devraient en tout état de cause appliquer également les conditions et autres règles qui régissent les conflits armés – le droit international humanitaire – et que chaque belligérant en situation réelle est tenu de respecter. Pourtant, force est de constater que beaucoup d’éditeurs de jeux-vidéo ne prennent guère en considération cette exigence, faisant ainsi passer leur produit pour de véritables défouloirs qui n’ont de simulation que le nom.

LE DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE POUR LIMITER L’INHUMANITÉ DES GUERRES.

Le droit international humanitaire, que l’on désigne également sous l’appellation de droit des conflits armés ou droit de la guerre tient notamment son origine de l’action de Henry Dunant – le fondateur de la Croix-Rouge – selon qui, après avoir été témoin de la bataille de Solferino en 1859, il était nécessaire d’apporter une assistance médicale aux blessés, quel que soit le camp pour lequel ils s’étaient battus. Cette idée est devenue la pierre fondatrice du droit humanitaire, qui au moyen des Conventions de Genève de 1949 et de leurs protocoles additionnels vise à limiter les effets de la guerre.

Croix, croissant et cristal, les emblèmes du Mouvement International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Source: CICR.

L’article 3 des Conventions de Genève dispose ainsi que « les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et les personnes qui ont été mises hors de combat par maladie, blessure, détention, ou pour toute autre cause, seront, en toutes circonstances, traitées avec humanité ».

Le droit international humanitaire a également vocation à réglementer voire à prohiber des pratiques. Sont ainsi interdites au titre de l’article 3 des Conventions de 1949 « les atteintes portées à la vie et à l’intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices ;
les prises d’otages ; les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et dégradants ; les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires reconnues comme indispensables par les peuples civilisés ». De la même manière, l’utilisation de certaines armes est également prohibée, à l’image des bombes à sous-munition.

Un autre principe essentiel du droit international humanitaire est contenu à l’article 48 du Protocole additionnel de 1977, lequel prévoit que « les Parties au conflit doivent en tout temps faire la distinction entre la population civile et les combattants ainsi qu’entre les biens de caractère civil et les objectifs militaires et, par conséquent, ne diriger leurs opérations que contre des objectifs militaires ».

DE LA NÉCESSITÉ D’INTÉGRER LE DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE DANS LES JEUX-VIDÉOS.

Selon un rapport de Novembre 2009 (« Playing by the Rules: Applying International Humanitarian Law to Video and Computer Games ») tiré d’une étude réalisée par l’organisation suisse TRIAL et l’association Pro Juventute, il est révélé que parmi une vingtaine de jeux examinés (notamment Battlefield, Call of Duty, World in Conflict, Splinter Cell…) ceux-ci représentaient souvent des scènes de violence et incitaient les joueurs à les reproduire au sein des jeux.

Scène tirée du chapitre « No Russians » de COD: Modern Warfare 2. Droits: Activision.

À titre d’exemple, Call of Duty 4: Modern Warfare comporte une mission de mitraillage depuis un hélicoptère où le joueur est amené à utiliser un imageur thermique pour déterminer leurs cibles sans qu’il soit fait de différence entre un militaire et un civil. Dans le jeu Call of Duty: Modern Warfare 2, une scène intitulée « Civilian slaughter » propose au joueur de coopérer avec des terroristes russes afin massacrer des centaines de civils dans l’aéroport de Moscou. Un autre jeu avait également soulevé une vive polémique avant de voir sa sortie finalement annulée, à savoir « Six days in Fallujah », lequel devait retracer l’offensive militaire américaine dans la ville de Fallujah en Irak, en octobre 2004, et qui s’est soldée par le massacre de près de 1 000 civils.

« Les jeux vidéo devraient saisir l’occasion de promouvoir [les] normes [du droit international humanitaire] plutôt que de donner l’illusion que la violence est sans limites » estiment ainsi les ONG dans leur rapport de 2009, de telle sorte qu’ils « ne constituent [pas] des espaces indifférents à la loi et à l’éthique. Il serait donc souhaitable que les jeux de guerres fictifs soient régis par les mêmes normes que celles qui régissent de véritables conflits armés ».

Pourtant, beaucoup de joueurs et l’ensemble des développeurs crient au scandale lorsque ces éléments de réflexion sont avancés, prétextant qu’« il ne s’agit que de jeux », et que ce ne sont pas ces loisirs qui inciteront quiconque à commettre un massacre dans sa ville. Ce à quoi Frida Castillo – membre de l’association TRIAL – répond que « même si la majorité des joueurs ne seront jamais soldats, ces jeux font passer le message que les militaires ont droit de vie ou de mort en temps de guerre. C’est faux et il est important de le rappeler en intégrant la loi humanitaire dans les jeux vidéo. Les tortures et les humiliations d’Abou Ghraib montrent ce qui arrive quand on s’imagine avoir tous les droits ».

Enfin, le Comité International de la Croix Rouge a affirmé lors d’une réunion sur la question de la violence dans les jeux-vidéo et leur portée sur les joueurs qui s’est tenue en parallèle à la 31e conférence internationale de la Croix Rouge et du Croissant Rouge à Genève en décembre 2011, qu’« il y a une population d’environ 600 millions de joueurs qui semble violer le droit international humanitaire dans un monde virtuel ».

ALORS, LA GUERRE VIRTUELLE ET LE DROIT, COMPATIBLES ?

On ne le répètera jamais assez – et n’en déplaise aux gamers, je suis moi-même un joueur invétéré ! –, la guerre n’est véritablement pas un espace de jeu. Elle est une réalité qui reste la cause principale d’atrocités commises sous des prétextes aussi divers que variés. Elle est la source de trop nombreuses impunités et est également en partie responsable de crises alimentaires dans le monde. Chaque année et pour chaque conflit, la guerre fait plusieurs milliers de morts et ce genre de loisir que représentent les simulations de guerre tend à le faire oublier.

Quoi qu’en disent les joueurs les plus libertaires et les défenseurs de la création vidéoludique sans limite, l’objet d’une réflexion en vue d’intégrer le droit international humanitaire n’a pas de finalité purement moraliste, barbante au possible, pas plus qu’elle n’est aucunement nourrie par les hypothèses les plus folles selon lesquelles la violence dans les jeux-vidéo encouragerait qu’elle soit reproduite dans l’espace de vie réel.

Au contraire, il s’agit davantage d’éclairer la pensée des joueurs pour qu’ils ne soient pas rendu insensibles aux bavures et autres exactions qu’un véritable conflit armé peut provoquer. Il est également question d’éviter de faire passer la guerre comme un défouloir soumis à aucune règle si ce n’est celle de la survie.

De plus, intégrer les règles du droit international humanitaire permettrait à ces jeux de véritablement se définir comme étant proches de la réalité, pas uniquement au niveau des graphismes, mais également au niveau du contenu. De la même façon qu’une simulation de sport comporte tout l’attirail des réglementations à respecter sans qui quiconque ne s’en plaigne, il serait en définitive logique que la guerre virtuelle se voit également dotée des règles du droit des conflits armés.

QUELQUES INITIATIVES DÉJÀ NOTABLES.

Il serait toutefois injuste de terminer cette analyse sans mentionner plusieurs initiatives particulièrement intéressantes. Citons en premier lieu le contenu additionnel du jeu Arma III qui, intitulé « Laws of War », permet d’incarner un groupe de travailleurs humanitaires chargés d’apporter une réponse rapide aux besoins et d’identifier et neutraliser les mines déposées dans la trame scénaristique du jeu. Développée par Bohemia Interactive en partenariat avec le Comité International de la Croix-Rouge et sortie en 2017, cette extension a reçu un accueil favorable, tant de la part de la presse vidéoludique que des joueurs eux-mêmes qui ont salué l’aspect mature et réaliste de l’initiative sans que le plaisir de jouer ne s’en retrouve affecté.

Quelques années auparavant, les développeurs de 11 Bit Studios ont proposé au travers de This War of Mine de changer de point de vue en dirigeant une équipe de civils dans un contexte inspiré du siège de Sarajevo. Le jeu est ainsi décrit par ses développeurs : « This War of Mine propose de voir la guerre sous un tout nouvel angle. Pour la toute première fois, vous ne jouez pas le rôle d’un soldat d’élite, mais plutôt un groupe de civils qui tente de survivre dans une ville assiégée. La journée, des snipers vous empêchent de quitter votre refuge, vous devez donc tout faire pour rester caché. La nuit, il vous est possible d’explorer les alentours à la recherche d’objets qui vous aideront à rester en vie. Faire des choix uniquement dictés par votre conscience sur des questions de vie ou de mort. Tenter de protéger tout le monde dans votre abri ou sacrifier certains d’entre eux pour faciliter votre survie. Pendant la guerre, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises décisions ; il n’est question que de survie. Plus tôt vous réalisez cela, mieux ce sera. »

Une nouvelle fois, l’accueil pour ce jeu s’est révélé être très positif et plusieurs nominations et récompenses à divers festivals lui ont même été accordées, démontrant ainsi qu’il est bien possible d’intégrer une dimension réaliste et intelligente à ce genre de jeu-vidéo sans pour autant nuire au plaisir vidéoludique en soi.

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Note: Cet article a initialement été publié en février 2014 mais son contenu reste d’actualité.

Après Justin Bieber qui est venu en décembre dernier aux Philippines pour Action contre la Faim, c’est au tour de David Beckham de débarquer cette semaine dans l’archipel afin de soutenir les équipes de l’ONG Solidarités International pour une distribution de kits d’accès à l’eau potable. Après avoir repris leur tweet en y ajoutant malicieusement la mention #HumanitaireBlingBling, j’ai eu la possibilité d’avoir un échange avec l’équipe com’ de Solidarités International, laquelle m’a répondu en indiquant que la venue de l’ancien footballeur s’inscrivait parfaitement dans la lignée de leur campagne « Aider plus loin ».

Cette campagne « Aider plus loin » mise en image en septembre 2013 au travers de trois spots vidéo avait beaucoup fait réagir, non seulement en raison du ton très humoristique qui s’en dégageait, mais également parce qu’elle avait eu la bonne idée de rappeler que les humanitaires sont des professionnels formés pour agir sur le terrain et qu’il ne suffit pas d’être plein de bonne volonté pour porter assistance en situation de crise. Néanmoins, il reste possible de s’impliquer d’une autre manière, notamment en devenant donateur afin de soutenir le travail rigoureux mené par l’ONG sur le terrain. Action Contre la Faim était également parvenue à mon sens à parfaitement faire entendre cette idée selon laquelle le donateur est un maillon essentiel de l’action humanitaire avec sa campagne « 3 minutes ».

Mais inviter une célébrité sur un terrain d’intervention n’est-il pas de nature à brouiller ce message ? Comment expliquer, justifier auprès du public donateur la venue de célébrités telles que Justin Bieber ou David Beckham qui n’ont aucune qualification professionnelle en matière humanitaire mais qui, le temps d’une journée, semblent participer plus ou moins activement aux activités de l’ONG qu’ils soutiennent ?

Alors certes, il s’agit toujours d’une excellente occasion pour attirer les projecteurs sur les activités humanitaires, les médias étant davantage friands d’images chocs au plus fort des crises. Il est également à supposer que cela permet consécutivement un regain en matière de récolte de dons. Il reste en effet important qu’une ONG puisse disposer de fonds propres, notamment en provenance des donateurs, afin de ne pas dépendre exclusivement des subventions publiques. Cela garantit ainsi son indépendance financière. Mais peut-être serait-il également nécessaire que les ONG concernées fassent preuve de plus de transparence et de pédagogie quant à l’importance et les retombées de ce genre d’opérations, afin de lever les doutes et cette impression de communication contradictoire, voire même d’atténuer la possible frustration du public donateur face à la BA des célébrités.

Je tiens néanmoins à remercier très sincèrement l’équipe com’ de Solidarités International pour avoir eu la gentillesse et la patience de répondre à mes remarques sur Twitter et ce de manière détaillée malgré les restrictions du réseau social. Les activités de l’ONG aux Philippines peuvent à ce propos être consultées sur leur site Internet.

Chacun peut s’impliquer à sa manière, oui, mais il reste bon de rappeler que sur le terrain l’assistance humanitaire est réalisée par des professionnels.

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