Plumpy’Nut: Sortir les enfants du piège de la sous- nutrition.

Petit coup d’oeil sur un aliment thérapeutique utilisé par nombre d’organisations humanitaire dans le but de soigner les enfants atteints de sous-nutrition ou de malnutrition sévère.

L’aliment Plumpy’Nut est produit depuis 1996 par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et la société française Nutriset. Basée en Normandie, Nutriset est une entreprise totalement dédiée à l’action humanitaire depuis sa fondation en 1986. En 2011, cette dernière a autorisé la production du Plumpy’Nut par les pays du sud, au travers de l’ouverture du brevet de la recette de fabrication, permettant consécutivement une diffusion toujours plus élargie et facilitée du produit.

Un sachet individuel de Plumpy’Nut. Source: Nutriset

Plumpy’Nut est donc un aliment thérapeutique utilisé pour lutter contre la sous-nutrition par plusieurs ONG dont Action Contre la Faim et Médecins Sans Frontières, et a pour particularité de ne nécessiter aucune préparation. En effet, nullement besoin de le diluer ou de l’adjoindre à un autre aliment. Plumpy’Nut peut donc être consommé tel quel par les adultes et les enfants dès l’âge de 6 mois.

Dans le cas particulier des enfants atteints de sous-nutrition ou de malnutrition sévère, il faut savoir qu’en raison de l’affaiblissement aggravé de leur organisme, ceux-ci ne peuvent se nourrir normalement avec des aliments ordinaires, tels que des fruits, des légumes ou autres. Pumply’Nut répond par conséquent parfaitement à ce besoin du fait de sa structure. Il s’agit en effet d’une pâte enrichie en vitamines et minéraux, obtenue à partir d’arachide, de sucre et de poudre de lait écrémé notamment. Un sachet individuel pèse 92 grammes et représente un apport de 500 kcal.

En moyenne, un enfant sous-alimenté âgé de 4-5 ans reçoit le traitement Plumpy’Nut, selon son état, pour une durée de 4 à 10 semaines, chez lui ou en centre nutritionnel. Pour retrouver un poids et une corpulence permettant de le sortir de l’état de sous-nutrition aggravée, l’enfant doit absorber une quantité égale à 200 kcal par jour et par kilogramme. Néanmoins, il arrive dans certains cas que l’enfant ne survive pas, en dépit du traitement, du fait de l’avancement de son état et de l’affaiblissement exacerbé de son organisme. Le traitement d’un enfant atteint de sous-nutrition sévère est d’autant plus urgent que les carences alimentaires dont il souffre peuvent lui être fatales ou avoir un effet irrémédiable sur son développement physique et mental.

À titre d’exemple:
– La carence en fer, qui constitue la forme la plus fréquente de malnutrition empêche le développement cérébral. Le fer est présent dans les viandes rouges et blanches, dans le poisson, mais également dans les oeufs, le soja, les lentilles, haricots…
– Le manque de vitamine A, dont souffrent plus de 40 millions d’enfants dans le monde, provoque la cécité (13 millions d’entre eux deviennent aveugles chaque année par manque de cette vitamine) et augmente dans le même temps les risques de mort à la suite de diarrhées, d’une rougeole ou de paludisme. La vitamine A se trouve dans les produits laitiers, les oranges, les carottes…
– Le manque prolongé de vitamine B provoque le béribéri, maladie ayant pour caractéristique de détruire le système nerveux.
– L’absence de vitamine C dans la nourriture provoque le scorbut, caractérisé notamment par une dégénérescence des muscles.
– Le manque de zinc affecte quant à lui les facultés motrices et cérébrales et provoque chez les enfants un retard de croissance et une réduction des résistances immunitaires. De plus, le manque de zinc chez les enfants en bas âge provoque des diarrhées, lesquelles sont souvent mortelles.

Gage de son efficacité, Plumpy’Nut est recommandé par l’Organisation mondiale de la santé, l’UNICEF et le Programme Alimentaire Mondial depuis 2007, en tant qu’aliment thérapeutique prêt à l’emploi. Par ailleurs, son coût a connu une baisse constante au fil des années. En 2010, le kilo de pâte Plumpy’Nut coutait environ 2,7 euros.

Un regret non-négligeable peut néanmoins être adressé quant à la composition du Plumpy’Nut : Celui-ci est en effet composé en partie de matière grasse obtenue à partir d’huile de palme, laquelle est, à juste titre, loin de faire l’unanimité, tant au plan environnemental qu’en matière de santé publique. Un problème de taille dont l’éthique humanitaire ne pourrait s’accommoder et qu’il convient par conséquent de résoudre au plus vite.

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