Largages de l’aide humanitaire : Comment ça marche ?

La guerre… ou une sécheresse semblable à un véritable cataclysme. Et des milliers de personnes –peut-être plus – qui affrontent la famine que certains comparent à la tragédie oubliée de ce siècle.
 L’aide humanitaire n’arrive qu’au compte-goutte, lorsqu’elle n’est pas détournée ou tout simplement interdite. Émue par l’image d’une mère avec son enfant décharné qui gît près d’elle, la communauté internationale décide de porter assistance à ces populations. Des avions cargo sont alors mobilisés par les organisations humanitaires, et sont rapidement chargés de vivres. L’aide est ensuite larguée au-dessus des zones sinistrées pour permettre aux personnes touchées par cette famine de survivre. À ce moment-là, celles-ci lèvent les yeux aux ciel et le remercient pour les bienfaits qu’il leur apporte.

Ce spitch aux allures tragico-cinématographiques est très éloigné de la réalité en matière d’intervention humanitaire, en particulier s’agissant des largages de l’aide. Utilisés pour la première fois lors de l’Opération Lifeline au Soudan dès 1989 pour permettre la distribution de plus de 1,5 tonnes de nourriture par les airs, les opérations de largage humanitaire ont toujours cours au Sud Soudan, touché depuis décembre 2013 par des affrontements armés qui ont provoqué le déplacement de plus de quatre millions personnes selon les Nations Unies. Aussi spectaculaires que rares, ces opérations de largage sont toutefois très strictement encadrées afin que ne soit pas largué n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment.

Quand ?

Un IL-76 du Programme Alimentaire Mondial. Photo: WFP/Stephanie Savariaud

 

Plumpy’Nut: Sortir les enfants du piège de la sous-nutrition.

Petit coup d’oeil sur un aliment thérapeutique utilisé par nombre d’organisations humanitaire dans le but de soigner les enfants atteints de sous-nutrition ou de malnutrition sévère.

L’aliment Plumpy’Nut est produit depuis 1996 par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et la société française Nutriset. Basée en Normandie, Nutriset est une entreprise totalement dédiée à l’action humanitaire depuis sa fondation en 1986. En 2011, cette dernière a autorisé la production du Plumpy’Nut par les pays du sud, au travers de l’ouverture du brevet de la recette de fabrication, permettant consécutivement une diffusion toujours plus élargie et facilitée du produit.

Un sachet individuel de Plumpy’Nut. Source: Nutriset

WaterWheel: Réinventer la roue pour révolutionner la collecte d’eau.

Coup de projecteur sur une initiative très intéressante, réalisée par une petite entreprise dont l’objet principal est de fabriquer des bidons facilement transportables afin de simplifier la collecte de l’eau de nombreuses familles dans le monde.

800 millions de personnes sur la planète vivent en effet actuellement sans accès à l’eau potable. Dans de nombreux Etats du monde où cette situation perdure, ce sont en particulier les femmes et les jeunes filles qui sont chargées d’aller chercher quotidiennement l’eau nécessaire à tous les besoins de la famille. Une tache qui, déjà ingrate de par sa nature discriminatoire n’est pas exempte de contraintes.

Des contraintes sécuritaires tout d’abord, puisque d’innombrables viols sont commis par des éleveurs ou des hommes appartenant à des groupes armés à l’encontre des femmes parties à la recherche de bois ou d’eau. Ces contraintes sont également physiques, puisque bien généralement, les bidons d’une capacité de 15 à 25 litres qu’elles utilisent sont portés à même leur tête, ce qui leur cause consécutivement d’importantes douleurs au niveau du cou, des épaules et du dos notamment. Enfin, cette tache exclusivement féminine est extrêmement chronophage. En effet, selon la distance à laquelle se trouve le point de récolte en eau par rapport à leur lieu d’habitation, ces femmes peuvent consacrer jusqu’à 6h de leur temps quotidien à cette seule tache.

Le WaterWheel de Wello. Photo: Wello

L’entreprise Wello s’est donc focalisée sur ce problème et leurs recherches ont permis d’aboutir au tout début de l’année 2013 au « WaterWheel »: un bidon équipé d’une poignée afin que celui-ci puisse être très aisément roulé durant son transport. L’idée n’est toutefois pas nouvelle. En 1991, deux sud-africains ont inventé l’ « Hippo water roller » (initialement « aqua roller »), un bidon d’une capacité de 90 litres qui peut être transporté en le roulant sur lui-même au moyen d’une longue poignée. Aujourd’hui largement distribué en Afrique du Sud et dans 20 autres pays du continent africain, l’Hippo water roller présente toutefois deux inconvénients. Tout d’abord, sa capacité/taille standard qui peut le rendre difficilement maniable lorsqu’il est plein. Ensuite, son coût compris entre 75 et 100 dollars représente une dépense trop difficilement envisageable pour des familles vivant avec à peine 2$ par jour.

Le WaterWheel de Wello est venu palier à ces inconvénients. Le modèle développé a en effet une capacité de 50 litres, ce qui représente tout de même trois à cinq fois plus que les méthodes traditionnelles de collecte d’eau. De plus, son prix représente un véritable avantage. Produit à Ahmedabad, en Inde, le coût du WaterWheel est de 750 à 1 000 roupies indiennes, soit 9 à 12 euros. Enfin et surtout, que se soit pour l’Hippo water roller ou le WaterWheel, ces solutions permettent aux femmes de consacrer moins de temps à la collecte de l’eau. Conséquence directe, les jeunes filles voient leurs chances d’aller à l’école décuplées.

À ce jour, le WaterWheel de Wello est essentiellement distribué en Inde, où près de 75% des foyers ne disposent pas d’un accès direct à l’eau. La société prévoit de continuer d’étendre son produit au travers du pays, mais également de l’améliorer, en y intégrant notamment un système de filtration ou en l’équipant d’un chargeur de téléphone portable utilisant la rotation du bidon pour produire l’électricité nécessaire.